Les étudiants de l’école bilingue « Yad be Yad » Max Rayne sont retournés à l’école dimanche après que la police ait continué d’enquêter sur les actes de vandalisme et l’incendie criminel qui a endommagé samedi soir cette école bilingue hébreu-arabe de Jérusalem.

Les responsables scolaires et les parents ont dit qu’ils ne permettraient pas au message anti-coexistence de faire dérailler leur mission, alors que des dizaines de personnes s’étaient rassemblées devant l’école pour dénoncer l’incident et que les ministres avaient condamné l’attaque.

Lors d’une réunion du cabinet, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a condamné l’attaque et s’est engagé à agir « avec force » pour que « la primauté du droit revienne » dans la ville dans son ensemble.

Nadia Knane, la directrice de l’école, a déclaré que l’une des salles de classe de première année avait été gravement endommagée par le feu, et que les assaillants avaient tenté de mettre le feu à une autre classe.

« Après avoir vu ce qui était écrit, j’ai réalisé que ce n’était pas un incendie. Ils ont écrit « Mort aux Arabes » et « Kahane avait raison » – des mots qui ont un sens très clair, » a-t-elle déclaré à la radio militaire.

Meir Kahane était un rabbin au discours anti-arabe virulent dont le parti, Kach, a été interdit à la Knesset pour incitation à la haine raciale, mais dont l’idéologie inspire encore certains extrémistes juifs.

« L’école avait été ciblée à plusieurs reprises ces derniers mois, mais c’était chaque fois à l’extérieur de l’école. C’est la première fois que cela se déroule à l’intérieur, » a déclaré la directrice.

« Le fait qu’ils aient fait ça dans une classe de première année, c’est aller au-delà de la ligne rouge. »

Dans la classe, les livres noircis et calcinés ont été mis de côté et empilés alors que les murs et le plafond ont été gravement noircis par la suie. Sur le balcon extérieur, on pouvait lire : « Mort aux Arabes ».

Dehors, quelque 300 personnes se sont rassemblées pour exprimer leur soutien à l’école ainsi qu’à ses élèves et à ses enseignants et dénoncer l’attaque, avec des enseignes en hébreu et en arabe sur lesquelles on pouvait lire : « Diffusez la lumière au lieu de la terreur » et « Non à la haine, non au racisme, oui à la coexistence, oui au partenariat. »

Sans se décourager, les élèves de la classe sont venus à l’école comme d’habitude dimanche matin après qu’un autre endroit ait été trouvé pour les accueillir au sein de l’établissement.

« Il y a des gens qui ne veulent pas voir de coexistence dans cette ville, » a confié Ronit Rosenthal à Ynet, une mère de deux élèves. « Ni nous, ni aucune autre école où Juifs et Arabes étudient ensemble ne sommes prêts à abandonner le combat. »

S’adressant à l’AFP, Hatam Mattar, qui dirige un comité de parents d’élèves, a dénoncé l’incident comme « une attaque barbare. »

Shuli Dichter, directeur de la fondation « Yad be yad » [Main dans la main], qui gère cinq des sept écoles bilingues de ce type dans le pays, a déclaré qu’il était temps de changer l’atmosphère ambiante afin de prévenir de telles attaques.

« Au cours des derniers mois, nous avons assisté à une vague de racisme qui est dangereuse, voire dangereuse physiquement, » a-t-il déclaré à la radio militaire.

« Si nous parvenons à créer une atmosphère d’une société partagée entre Juifs et Arabes, nous serons en mesure de prévenir les actes de ce type à l’avenir. Il y a un gardien à la porte, mais ces actes isolés sont très difficiles à arrêter. »