Quelques dizaines de militants néo-nazis emmenés par un député du parti Aube Dorée ont fait irruption mardi dans une école de la banlieue d’Athènes pour protester contre l’accueil prévu d’écoliers réfugiés, ont indiqué la mairie et le ministère de l’Éducation.

Les fauteurs de troubles ont perturbé, en insultant et menaçant enseignants et parents, une réunion de l’association des parents d’élèves qui discutaient de l’intégration de 20 enfants d’un camp de réfugiés proche.

Selon la municipalité de Perama, banlieue populaire d’Athènes où se trouve l’école, le député d’Aube Dorée Yannis Lagos s’en est aussi violemment pris au maire, accouru sur les lieux, avant que son groupe quitte les lieux.

Ce député, qui est jugé depuis avril 2015 avec les principaux cadres d’Aube Dorée pour « constitution de bande criminelle », est censé être en régime de liberté surveillée.

Dans un communiqué, le ministère de l’Éducation a « catégoriquement condamné » cet incident, réaffirmant sa détermination à garantir l’accès à l’éducation pour les enfants réfugiés en Grèce, une population estimée à plus de 8.000 personnes après la vague migratoire de 2015.

La mouvance xénophobe grecque avait dans un premier temps été marginalisée par l’élan de solidarité des Grecs face à l’afflux depuis 2015 d’un million de migrants, en majorité Syriens. Mais Aube Dorée, troisième parti au Parlement grec, s’est remobilisé ces derniers mois, impulsant nombre de protestations contre les centres migratoires disséminés à travers le pays et la scolarisation des enfants de l’exil.