Le député et porte-parole d’Aube dorée Ilias Kassidiaris a été placé jeudi en détention provisoire dans le cadre de l’enquête judiciaire sur le parti néonazi grec, dont l’ensemble des députés sont accusés de « participation à une organisation criminelle ».

Il s’agit du neuvième député d’Aube dorée placé en détention provisoire depuis le lancement en septembre de l’enquête judiciaire sur ce parti, dont des membres sont responsables d’au moins deux meurtres et de nombreuses violences.

Inculpé l’année dernière pour le crime « de participation à une organisation criminelle » et placé en liberté conditionnelle, Ilias Kassidiaris a été de nouveau convoqué jeudi au tribunal pour répondre à de nouvelles accusations concernant le crime « du port illégal d’arme pour une organisation criminelle ».

Il a rejeté les nouvelles inculpations et en sortant du tribunal il a montré aux journalistes les autorisations qu’il possédait pour deux carabines de chasse.

Toutefois, les autorités judiciaires l’avait inculpé pour « les avoir illégalement transformées à des armes de guerre » avec l’intention de les donner à des membres du parti pour les utiliser à des actions criminelles, selon une source judiciaire.

Il a été transféré à la prison de Korydallos, dans la banlieue ouest d’Athènes, où il doit rejoindre les huit autres députés du parti, dont Nikolaos Michaloliakos, chef et fondateur d’Aube dorée.

L’un de plus réputés et violents députés de ce parti, Ilias Kassidiaris, s’était fait remarquer pour la première fois en juin 2012 en frappant au visage une députée de gauche, et en jetant un verre d’eau sur une autre, durant une émission télévisée.

Depuis le lancement de l’enquête judiciaire contre ce parti, il ne cesse de s’en prendre à des membres du gouvernement et aux journalistes en les accusant de vouloir éliminer Aube dorée.

Fondé dans les années 80, cette formation avait longtemps agi comme un groupuscule semi-clandestin bénéficiant de la quasi-impunité des autorités avant sa transformation en parti et son entrée au parlement lors des dernières législatives de 2012, au pic de la crise de la dette.

Le parti, qui conteste le qualificatif néonazi, avait fait élire 18 députés dont deux ont démissionné depuis. Il est arrivé troisième aux récentes élections européennes.