Environ 400 militants d’Aube dorée se sont rassemblés mercredi à Athènes devant le Parlement qui doit se prononcer sur la levée de l’immunité parlementaire du chef de ce parti néo nazi, Nikolaos Michaloliakos, selon une source policière.

Placé en détention provisoire depuis septembre pour appartenance « à une organisation criminelle », M. Michaloliakos, fondateur et l’un des 16 députés de ce parti, sera transféré à la mi-journée d’une prison près d’Athènes au Parlement pour se défendre devant ses pairs.

La justice avait demandé au Parlement la levée de l’immunité parlementaire de Nikolaos Michaloliakos et des deux autres députés du parti, Christos Pappas et Yannis Lagos, après des poursuites pénales lancées à leur encontre pour « port d’arme illégal ».

Christos Pappas et Yannis Lagos, placés également en détention provisoire comme leur chef depuis septembre, doivent également être transférés à la mi-journée au Parlement pour se défendre, selon une source judiciaire.

D’importantes mesures de sécurité ont été prises dans le centre de la capitale et l’une des principales avenues longeant le Parlement était fermée à la circulation.

« Nous luttons pour une meilleure Grèce, les détentions provisoires du chef et des députés du parti sont injustes, illégales et anticonstitutionnelles », a indiqué Dimitris K., 40 ans, au chômage depuis plusieurs mois, qui manifestait devant le Parlement.

« Etre nationaliste, c’est être patriote, chrétien orthodoxe (…) on est entouré d’ennemis, Albanais, Bulgares (…) », poursuit-il, en faisant allusion aux habitants des pays voisins, dont des milliers ont émigré en Grèce au cours des deux dernières décennies.

« Non aux prisons pour les nationalistes », scandaient les militants d’Aube dorée.

L’offensive judiciaire contre Aube dorée, à l’idéologie néo nazie et xénophobe, et qui avait pour longtemps bénéficié d’une quasi-impunité, a été lancée en septembre, à la suite du meurtre d’un musicien grec antifasciste par un membre du parti près d’Athènes.

Deux autres membres d’Aube dorée ont récemment été condamnés à la perpétuité pour le meurtre en janvier 2013 d’un Pakistanais à Athènes.

Fondé dans les années 1980 et ayant longtemps agi comme un groupuscule quasi clandestin, Aube dorée, auteur de nombreuses violences, a réussi son entrée au Parlement, pour la première fois, lors des dernières élections de juin 2012 en surfant sur le désespoir et la pauvreté provoqués par la crise.