Les vandales ont fait irruption dans le cimetière juif de Thessalonique, en Grèce, et ont profané plusieurs pierres tombales, selon le chef de la communauté juive locale vendredi.

D’après David Saltiel, cité par Walla News, les inconnus sont passés à travers la clôture du cimetière, ont brisé divers ornements et vases et renversé des pierres tombales et des signalétiques.

Saltiel a déclaré que la police avait ouvert une enquête sur l’incident qui survient peu de temps après l’élection, cette semaine, au Parlement européen de trois membres d’un parti néonazi grec.

L’attaque suit également la publication de l’enquête de l’Anti-Defamation League sur l’antisémitisme mondial plus tôt ce mois-ci, selon laquelle la Grèce a remporté le titre ignominieux du pays le plus antisémite en Europe.

Avec 69 % des Grecs ayant des opinions antisémites, selon l’enquête, la Grèce est à égalité avec l’Arabie saoudite, plus antisémite que l’Iran
(56 %) et presque deux fois plus antisémite que le deuxième pays le plus antisémite d’Europe, la France (37 %).

En surface, le sondage suggère que l’antisémitisme est rampant en Grèce.

Une grande partie de la responsabilité revient au parti néonazi Aube dorée, qui a trouvé un terrain fertile pour son idéologie d’extrême droite sur les ruines de la crise économique de la Grèce.

Mais tant l’ADL que la petite la communauté juive de Grèce expliquent que la réalité est plus nuancée que les résultats du sondage ne le suggèrent.

« Il y a un risque de sensationnalisme, un danger de trop exagérer l’impact psychologique de l’enquête », a déclaré Michael Salberg, le directeur de l’ADL des affaires internationales, au JTA. « Il faut être une vraie analyse interne des données et examiner quelles sont les forces en jeu ».

Pour leur part, les dirigeants juifs grecs ont pris soin de souligner que, malgré la bigoterie généralisée, la Grèce n’a pas vu le genre de violence antijuive qui a surgi dans d’autres pays européens, comme en France.

«Malgré le sondage montrant des niveaux élevés d’antisémitisme, il faut noter qu’au cours de ces quatre dernières années en Grèce, nous n’avons pas eu de violence antisémite contre des personnes ou des institutions juives », a déclaré Victor Eliezer, le secrétaire général du Conseil central des communautés juives de Grèce.

« Ce n’est pas un sondage sur la violence, mais plutôt une enquête sur les stéréotypes, et oui, il y a beaucoup de stéréotypes chez les Grecs » a-t-il indiqué.

Le sondage a mesuré l’antisémitisme selon que les personnes interrogées étaient d’accord ou non avec une majorité de 11 déclarations sur le pouvoir, la loyauté et l’argent, comportements que l’ADL juge comme étant antisémite.

Elles comprennent des déclarations telles que « les Juifs parlent trop de ce qui leur est arrivé pendant la Shoah » ; « les Juifs sont plus loyaux envers Israël qu’envers le pays où ils vivent » ; « les Juifs pensent qu’ils sont mieux que les autres » ; « les Juifs ont trop de pouvoir dans le monde des affaires » ; « les Juifs ont trop de contrôle sur les affaires mondiales ».

Les critiques ont suggéré que l’enquête est profondément erronée parce que les déclarations ne sont pas seulement des indicateurs réels du parti-pris antijuif.

Sur les 579 Grecs interrogés, 85 % ont dit que les Juifs avaient trop de pouvoir dans le monde des affaires, 82 % que les Juifs ont trop de pouvoir sur les marchés financiers et 74 % ont dit que les Juifs ont trop d’influence sur les affaires mondiales. La marge d’erreur pour la Grèce est de plus ou moins 4,4 %.

En Grèce, les points de vue antisémites sont fréquemment diffusés dans les médias, en particulier la notion que les Juifs contrôlent l’économie et la politique mondiale. En 2012, quand le porte-parole de l’Aube dorée, Ilias Kasidiaris, a lu au Parlement un faux document antisémite, Les Protocoles des Sages de Sion, la lecture n’a fait l’objet d’aucune condamnation de la part des autres législateurs présents.

Il n’y avait non plus aucune condamnation publique lorsque le parti néonazi Aube dorée a fustigé la récente visite du directeur exécutif de la Commission américaine juive, David Harris, comme étant un voyage pour s’assurer de « l’influence juive sur les questions politiques grecques » et sauvegarder les intérêts des « usuriers internationaux ».

Aube dorée n’a pas été le seul à exprimer de tels sentiments.

Plus tôt cette année, le candidat du parti de l’aile gauche Syriza au poste de gouverneur régional a accusé le Premier ministre grec Antonis Samaras de mener une conspiration juive pour amener « un nouveau Hanoucca contre les Grecs ».

Syriza a, à contrecœur, abandonné le candidat Theodoros Karypidis.

Au cœur de la théorie de Karypidis était une mesure de l’an dernier de Samaras de remplacer l’Autorité hellénique de radiodiffusion supposément corrompue par la New Hellenic Radio and Télévision, connue sous son acronyme grec NERIT.

Selon Karypidis, NERIT est un dérivé du mot hébreu pour bougie,
« ner », qu’il associe à Hanoucca.