Des centaines de fonctionnaires du Hamas, qui ont décrété une grève générale, bloquaient mercredi le siège du gouvernement d’union à Gaza après avoir appris que 50.000 d’entre eux ne pourraient conserver leur poste qu’en fonction des « besoins ».

Ce mouvement de protestation intervient au moment de la première visite de travail du gouvernement d’indépendants né de la réconciliation signée au printemps entre le Hamas et son rival historique du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas.

Depuis cet accord, le Hamas exige que le nouveau gouvernement règle les salaires des 50.000 fonctionnaires qu’il a recruté depuis sa prise de pouvoir par la force en 2007, pour remplacer les 70.000 employés de l’Autorité palestinienne, que le gouvernement d’union s’est engagé mardi à rétablir dans leurs fonctions, ajoutant que les fonctionnaires du Hamas, eux, seraient intégrés, selon les besoins des différents ministères.

Depuis sept mois, les 50.000 fonctionnaires du Hamas n’ont pas touché leur salaire. Seuls 24.000 d’entre eux qui travaillent dans les domaines civils ont reçu une indemnisation partielle de 1.200 dollars fin octobre. Mais les autres fonctionnaires du Hamas, ceux faisant partie des brigades Ezzedine du groupe terroriste, n’ont rien reçu.

« Gouvernement de pantins » et « Assez des mensonges et de la procrastination » pouvait-on lire sur des banderoles déployées par les manifestants devant le siège du gouvernement installé provisoirement dans la maison de M. Abbas à Gaza.

« Il n’y aura pas de stabilité à Gaza tant que la question des fonctionnaires ne sera pas réglée, nous allons poursuivre notre mobilisation », a lancé lors d’une conférence de presse le chef du syndicat des fonctionnaires Mohammed Siam.

« Nous n’accepterons pas le retour des fonctionnaires (de l’Autorité palestinienne, NDLR) qui ne résout pas le problème des fonctionnaires légitimes », a-t-il ajouté, estimant que l’annonce du gouvernement était « un dangereux projet de division ».