Une organisation représentant les municipalités locales d’Israël a lancé une grève nationale pour protester contre les coupes systématiques prévues dans le budget de l’Etat. Les villes ont affirmé que cela coûtera des centaines de millions de shekels aux autorités municipales.

Des lycées, des jardins d’enfants et des bureaux municipaux ont été fermés dans des villes de tout le pays, et d’autres services municipaux de base ont été annulés mercredi, après des discussions marathon dans la nuit de mardi à mercredi, où le bureau du Premier ministre et le ministère des Finances n’ont pas réussi à arriver à un accord.

La grève à durée indéterminée touche 120 municipalités et 15 des plus grandes du pays, mais pas Jérusalem.

Les écoles primaires et les collèges, dont les professeurs sont fonctionnaires, sont ouverts, à moins que leur principaux ne leur ait demandé de fermer, a annoncé Haaretz. Les programmes d’éducation spéciaux ne sont pas touchés par la grève, et les classes continueront normalement.

Les autorités municipales ont demandé que les dernières coupes du budget 2017, ainsi qu’une réduction budgétaire déjà approuvée, soient totalement annulées.

Les dirigeants des autorités devaient se rencontrer mercredi pour discuter des prochaines étapes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec le ministre des Finances Moshe Kahlon lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 11 août 2016. (Crédit : Emil Salman/Pool)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec le ministre des Finances Moshe Kahlon lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 11 août 2016. (Crédit : Emil Salman/Pool)

Dans une lettre adressée lundi au Premier ministre Benjamin Netanyahu et au ministre des Finances Moshe Kahlon, le Centre du gouvernement local a déclaré que les coupes entraîneraient une baisse de 250 millions de shekels du soutien crucial de l’Etat.

« Les coupes des financements toucheront environ 190 conseils municipaux et les services qu’ils fournissent à leur population, a déclaré le Centre. L’Etat d’Israël délègue des responsabilités pour sa population aux autorités locales, et ce sont elles qui assurent tous les services fondamentaux à chaque citoyen. »

« Chaque année, le gouvernement demande plus de services et demande un poids accru aux dirigeants locaux, tout en réduisant spectaculairement de manière simultanée leurs budgets. »

Le Centre a prévenu que « si le Trésor ne revient pas sur cette terrible décision, les services municipaux cesseront immédiatement. »

Le gouvernement a approuvé dimanche une coupe de 1,2 milliard de shekels dans le budget 2017 – 2018 afin de financer la relocalisation des habitants de l’avant-poste d’Amona, mettre en place une nouvelle autorité de radiodiffusion publique et construire de nouvelles écoles dans les communautés ultra-orthodoxes.

Les coupes des budgets des ministères de l’Education, de la Santé et des Affaires sociales feraient partie des mesures approuvées par les ministres.

Ces réductions s’élèvent à presque 2 % du budget total. Elles ont été adoptées lors d’un vote du cabinet dimanche, après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre des Finances Moshe Kahlon et d’autres hauts responsables des ministères, ont reconnu que ces baisses devraient être approuvées par la Knesset lors de l’adoption du budget global pour les années 2017-2018 à la fin du mois.

Une école haredi dans l'implantation ultra orthodoxe de Beitar Illit, le 27 août 2014. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Une école haredi dans l’implantation ultra orthodoxe de Beitar Illit, le 27 août 2014. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Les mesures d’austérité approuvées dimanche ont été estimées nécessaires par le ministère des Finances. Il l’a justifié par le coût de la construction temporaire de logements pour les habitants d’Amona, mais aussi le financement de la future corporation de radiodiffusion publique et la construction de nouvelles institutions d’enseignement au sein des communautés ultra-orthodoxes, conformément aux accords de coalition.

Le ministère a indiqué que les fonds épargnés permettraient également de couvrir en partie les coûts des bus publics blindés en Cisjordanie, l’emploi des travailleurs palestiniens en Israël et la réponse aux différents accords de coalition qui ont été déterminés depuis la première proposition de budget.