Le désir de la communauté internationale pour la technologie israélienne surpasse ses préoccupations sur l’impasse du processus de paix, a déclaré cette semaine le directeur général du bureau du Premier ministre. Il a affirmé que la récente résolution du Conseil de sécurité des Nations unies était à peine un « bip » sur le radar.

« Les pays vont devoir décider ce qui leur profite le plus : être avec Israël, ou sans Israël », a déclaré Eli Groner au Times of Israël depuis son bureau de Jérusalem.

« Et je suis certain que la vaste majorité du monde occidental, et peut-être encore plus important, du monde moins développé qui veut s’occidentaliser, Israël fait partie de la solution, et ils vont préférer un accord avec Israël qu’un accord sans Israël. »

Depuis qu’il a rejoint le bureau du Premier ministre en mai 2015, Groner a participé à d’innombrables réunions entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et des dirigeants de pays ou d’entreprises internationales.

« Je suis totalement convaincu, sur la base de mes deux années passées ici au bureau du Premier ministre et de ma participation à de nombreux rendez-vous, que ces pays veulent travailler avec Israël, avec tous les risques que cela comporte. Ils préfèrent travailler avec nous que travailler sans nous. »

Le Conseil de sécurité vote la résolution 2334, adoptée avec 14 voix pour, zéro contre et une abstention, celle des Etats-Unis, le 23 décembre 2016. (Crédit : Manuel Elias/Nations unies)

Le Conseil de sécurité vote la résolution 2334, adoptée avec 14 voix pour, zéro contre et une abstention, celle des Etats-Unis, le 23 décembre 2016. (Crédit : Manuel Elias/Nations unies)

Groner, qui a grandi dans l’état de New York et a emménagé à Israël quand il avait 15 ans, a déclaré partager la vision de Netanyahu sur la disparition ces prochaines années de la majorité automatique anti-Israël aux Nations unies. Le récent vote de la résolution 2334, qui critique sévèrement les implantations israéliennes, au Conseil de sécurité ne change pas la trajectoire, le monde adopte de plus en plus l’Etat juif, a-t-il soutenu.

« Je pense que, au fur et à mesure, vous verrez que ceci n’était qu’un bip sur le radar », a-t-il déclaré au sujet de la résolution du 23 décembre, adoptée par 14 voix contre 0 et une abstention, celle des Etats-Unis.

« Ces pays veulent une coopération économique avec Israël. Et tout comme vous ne pouvez pas lutter contre les lois de l’attraction terrestre, vous ne pouvez pas lutter contre les lois de l’attraction économique. Nous savons ce que veulent ces pays, nous savons ce dont ils ont besoin, et nous savons que nous pouvons le leur fournir. Il devient évident à leurs yeux qu’Israël fait partie de la solution, et pas du problème. »

« La résolution 2334 pose les fondations d’une politique troublante qui peut suivre, et nous allons faire tout ce que nous pouvons pour nous assurer qu’elle n’arrive pas »
Eli Groner

La résolution 2334 du Conseil de sécurité affirme que les implantations n’ont « aucun fondement en droit et constituent une violation flagrante du droit international », et appelle à l’arrêt total de la construction dans les territoires conquis par Israël pendant la guerre des Six Jours de 1967, notamment à Jérusalem Est. Elle appelle également tous les états à « faire une distinction, dans leurs échanges en la matière, entre le territoire de l’État d’Israël et les territoires occupés depuis 1967 », des termes qui pourraient entraîner une hausse des efforts de boycott et de sanctions contre Israël.

Groner n’a pas nié que le texte comporte des éléments inquiétants, mais a affirmé que Jérusalem savait comment les surmonter.

« La réaction du Premier ministre à la résolution du Conseil de sécurité reflète ses préoccupations, a déclaré Groner. Mais nous avons des dirigeants extrêmement bons en diplomatie, et nous faisons tout ce que nous pouvons pour combattre cette décision. Nous pensons que c’est une très mauvaise décision. Nous pensons qu’elle pose les fondations d’une politique troublante qui peut suivre, et nous allons faire tout ce que nous pouvons pour nous assurer qu’elle n’arrive pas. »

Netanyahu, qui a réduit les relations avec les 14 pays qui ont soutenu la résolution 2334, a déclaré qu’il prévoyait de travailler avec la future administration américaine pour « soit abroger la résolution aux Nations unies, soit la modifier. »

Eli Groner, directeur général du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu, au Sommet des journalistes juifs, à Jérusalem, le 4 décembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Eli Groner, directeur général du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu, au Sommet des journalistes juifs, à Jérusalem, le 4 décembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les sphères diplomatiques et économiques sont en train de se confondre, ce qui est un avantage pour Israël, a affirmé Groner, qui menait une carrière à succès dans le secteur privé avant d’entrer au gouvernement.

« Pendant les réunions [diplomatiques] auxquelles j’ai assisté avec le Premier ministre, et il y en a eu beaucoup ces deux dernières années, le sujet principal était la technologie israélienne », a-t-il déclaré. Les dignitaires étrangers veulent savoir comment Israël peut les aider à lutter contre le terrorisme et à faire croître leur économie, a-t-il précisé.

« Nous sommes dans un monde où nous voyons la distinction entre high-tech et low-tech disparaître. Tout devient technologique, tout devient numérique. Des industries entières qui n’avaient pas changé depuis 60 ou 70 ans sur le point d’expérimenter un changement majeur : l’éducation, la santé, le voyage. »

« De Sion devraient venir les véhicules autonomes »
Eli Groner

Il a ajouté qu’ « il existe cette phrase, ‘De Sion devrait venir la Torah’. Mais vous allez voir, ‘De Sion devrait venir la santé numérique’, et ‘De Sion devraient venir les véhicules autonomes’. C’est ce qui intéresse ces personnes. »

Malgré la perception populaire, le sujet palestinien joue un rôle marginal, s’il est même mentionné, pendant les rencontres du Premier ministre, selon Groner.

« Ce que nous voyons dans le monde sont les mots classiques du mélange diplomatique et économique, a-t-il déclaré. Il est bien plus difficile aujourd’hui de faire une distinction entre l’économie et la diplomatie que cela ne l’était il y a 20 ans. Aujourd’hui, les conversations se mélangent, les besoins se mélangent, et les solutions vont se mélanger. »

Israël est indéniablement une grande puissance technologique, mais n’est ni unique, ni irremplaçable. Jérusalem ne s’inquiète-t-il pas que la communauté internationale, de plus en plus frustrée par les politiques israéliennes dont elle pense qu’elle empêche les avancées du processus de paix, cherche à un certain moment à punir Israël en allant chercher ailleurs de nouvelles technologies ?

Il est vrai qu’Israël n’a pas le monopole de la bonne technologie, « mais ils visent le meilleur », a répondu Groner. Des entreprises comme Apple, Google ou Facebook pourraient aller ailleurs, mais elles décident d’acheter ici et d’employer des centaines d’Israéliens, a-t-il ajouté. « Ils n’ont pas besoin d’Israël, mais ils viennent tous ici. Nous sommes même à court d’ingénieurs avec tant ces conglomérats internationaux de pointe qui viennent faire ici leur recherche et leur développement. »