Alors qu’il ne reste que quelques heures avant que le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne doive finaliser sa nouvelle coalition, les médias ont indiqué mercredi matin que le Likud avait accepté la demande de HaBayit HaYehudi – qui souhaitait avoir le contrôle du ministère de la Justice.

Netanyahu fait des pieds et des mains pour réussir à obtenir les huit sièges de HaBayit HaYehudi dans sa coalition avant minuit mercredi, échéance à laquelle il doit annoncer une coalition gouvernementale.

Cependant, la faction nationaliste a augmenté ses exigences au cours de ces derniers jours, en demandant que la députée Ayelet Shaked obtienne le ministère de la Justice et que le chef du parti, Naftali Bennett, dirige des ministères plus importants – comme celui des Affaires étrangères.

Les responsables ont indiqué mercredi que le Likud finirait par céder le portefeuille de la justice. Mais on ignore s’il ira à Shaked ou Bennett.

« Nous tendons vers l’accession à la demande de HaBayit HaYehudi pour le portefeuille de la Justice », a déclaré un haut responsable du Likud à Haaretz mercredi.

« Bennett nous l’a extorqué et dans ce cas, il semblerait que cet acte d’extorsion marchera pour lui. Mais chaque acte d’extorsion a un prix et Bennett va payer très cher pour celui-là à l’avenir. »

Ayelet Shaked à la Knesset le 10 novembre 2014, (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

Ayelet Shaked à la Knesset, le 10 novembre 2014, (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

S’il réussit à signer un accord avec HaBayit HaYehudi pour sa coalition, Netanyahu aura les pièces en main pour disposer d’une faible majorité de 61 sièges – assez pour se maintenir au pouvoir, mais pas assez pour faire quoi que ce soit d’autre, estiment les analystes.

Le Likud est réticent à donner le ministère de la Justice à HaBayit HaYehudi, craignant qu’il n’utilise sa position pour imposer des réformes controversées qui affaibliraient la Cour suprême ou qu’il ne réforme la composition du panel qui choisit les nouveaux juges qui y siègent.

Les responsables du Likud ont déclaré à Haaretz que confier le ministère de la Justice à HaBayit HaYehudi posait deux problèmes.

« Le premier est que le ministre de la Justice devra bientôt nommer le prochain procureur général », a indiqué le responsable.

« C’est une position très sensible, et Netanyahu n’a aucun désir de confier cette tâche à Bennett ou à Shaked. Le deuxième problème est que Shaked est le fer de lance de la bataille pour changer la face de la Cour suprême. Netanyahu a jusqu’ici évité toute confrontation avec la Cour et il ne voudrait pas de cet imbroglio. »

Il y a aussi la possibilité que, selon les termes de l’accord émergent, Bennett devienne le ministre des Affaires étrangères, en remplacement d’Avigdor Liberman d’Yisrael Beitenu, qui a annoncé lundi sa démission et le refus de son parti de se joindre à la coalition. Si Bennett devient ministre des Affaires étrangères, il est probable que le Likud gardera le ministère de la Justice.

HaBayit HaYehudi chercherait également à avoir un représentant supplémentaire au cabinet de la sécurité et à inclure une clause dans l’accord de coalition promettant que l’Union sioniste ne rentrera pas dans la coalition.

Le départ de Liberman a laissé Netanyahu à six sièges de pouvoir former une coalition et a déclenché une course parmi les politiciens désireux de lui succéder à la tête de la diplomatie du pays.

Si Bennett et Netanyahu ne parviennent pas à un accord avant mercredi à minuit, trois scénarios sont possibles :

– Rivlin pourrait donner au dirigeant de l’Union sioniste, Isaac Herzog, une chance de former une coalition.

– Netanyahu et Herzog pourraient essayer de mettre sur pied une coalition d’union, une perspective facile mathématiquement étant donné les tailles des partis, mais une perspective qui serait politiquement difficile.

– Rivlin pourrait convoquer de nouvelles élections, quelques semaines seulement après le scrutin du 17 mars dernier.

Haviv rettig Gur a contribué à cet article.