Haim Katz, le ministre des Affaires sociales, aurait été interrogé par la police, qui le soupçonne d’avoir accepté des pots-de-vin dans le cadre d’un délit d’initiés.

L’information de mardi a été dévoilée au lendemain de l’interrogatoire du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour une autre affaire. Netanyahu aurait accepté des cadeaux de valeur d’au moins deux hommes d’affaires.

Katz a été interrogé sous caution [régime juridique pouvant être assimilé à la garde-à-vue] il y a deux semaines par des agents de l’Autorité des titres israélienne (ATI), a annoncé le quotidien Yedioth Ahronoth. Cet interrogatoire représente une avancée spectaculaire dans l’enquête sur les transactions commerciales du ministre du Likud.

Katz avait déjà été interrogé en mai par l’ATI, qui le soupçonnait d’avoir utilisé des informations internes pour obtenir un bénéfice financier, mais le nouvel interrogatoire portait sur des accusations de corruption, bien plus graves.

Etre interrogé sous caution signifie que les autorités considèrent à présent Katz comme un suspect criminel.

Il n’a pas été précisé sur quoi portaient les accusations de corruption, ni si Katz était soupçonné d’avoir reçu de l’argent en échange de services politiques.

L’ATI n’a pas répondu aux demandes de commentaires du Times of Israël au sujet de l’enquête.

Mordechai Ben-Aryeh, conseiller financier de longue date de Katz, a lui aussi été interrogé sous caution, a annoncé Yedioth. Ben-Aryeh avait été arrêté avant les premiers interrogatoires en mai, puis libéré une semaine après, après avoir payé une caution d’un million de shekels.

Le siège de Nitsba Holdings à Tel Aviv. (Crédit : David Shai/CC BY-SA 4.0/Wikipedia)

Le siège de Nitsba Holdings à Tel Aviv. (Crédit : David Shai/CC BY-SA 4.0/Wikipedia)

Katz et Ben-Aryeh étaient initialement suspectés d’avoir acheté des actions de Nitsba Holdings en se fondant sur des informations internes annonçant une future fusion avec Airport City, avant que la fusion ne soit rendue publique. Ils auraient gagné 290 000 shekels avec ces actions. Ben-Aryeh est aussi le conseiller des deux entreprises.

Katz a déclaré à Yedioth que « des demi-vérités et de fausses informations ont été diffusées dans les médias » pour nuire à sa réputation.

« Je suis certain que ce nuage sera levé et qu’il ne restera aucune incertitude dans cette affaire. J’ai dit ce que je devais dire aux enquêteurs, en coopération totale », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’il ne s’était pas fait assister d’un avocat pendant l’interrogatoire.

Kobi Maimon, un homme d’affaires qui est aussi le confident du ministre, serait également lié à l’affaire, selon l’article. Maimon est le copropriétaire d’Isramco Negev, qui possède d’importantes holdings de pétrole et de gaz en Israël.

En juin 2015, Katz, tout comme les ministres Koulanou des Finances, Moshe Kahlon, et du Logement, Yoav Galant, avait déclaré qu’il ne pouvait pas participer au vote sur un accord gazier controversé en raison de ses relations avec l’industrie du gaz. Les trois hommes s’en étaient tenus à cette position, même si des conseillers juridiques avaient estimé qu’ils pouvaient prendre part au vote.

Député sans presque aucune interruption depuis 2009, Katz, qui représente le syndicat des employés des Industries aéronautiques d’Israël au Likud, est considéré comme un « entrepreneur » politique puissant, qui peut mobiliser des milliers d’électeurs aux primaires.