Une enquête de l’armée israélienne consacrée à l’attentat terroriste brutal au cours duquel trois Israéliens avaient été mortellement poignardés par un adolescent palestinien dans l’implantation de Halamish au mois de juillet a dévoilé des défaillances significatives de la part des soldats et des personnels de la sécurité civile avant et pendant l’attaque, a fait savoir lundi un porte-parole de l’armée.

Cette semaine, un rapport sur l’enquête a été présenté au chef du Commandement central de l’armée israélienne, le général de division Roni Numa. Cette investigation révèle des défaillances de la part des militaires chargés de protéger l’implantation et des membres du personnel sécuritaire civil de Halamish.

Le 21 juillet, Omar al-Abed, 19 ans et originaire du village de Kobar, à proximité de Halamish, avait franchi la clôture de l’implantation avec un déguisement simple, un couteau de boucher et des bouteilles d’eau pour se purifier. Il avait déclenché les capteurs sur la clôture mais avait su éviter d’être détecté.

A l’intérieur de Halamish, il s’était prêté à une sorte de cérémonie d’ablutions avec l’eau. C’était vendredi soir et il portait une chemise blanche, similaire à celle que portent les Juifs orthodoxes pour le Shabbat. Quelques minutes après être entré dans l’implantation, il avait frappé à la porte de la famille Salomon, le couteau à la main.

Yosef, Elad et Chaya Salomon, poignardés à mort à Halamish, en Cisjordanie, le 21 juillet 2017. (Crédit : autorisation)

Yosef, Elad et Chaya Salomon, poignardés à mort à Halamish, en Cisjordanie, le 21 juillet 2017. (Crédit : autorisation)

Lorsque la porte s’était ouverte, il avait poignardé à mort trois membres de la famille : le patriarche, Yosef Salomon, 70 ans, et deux de ses enfants, Chaya, 46 ans, et Elad, 36 ans. C’est un voisin et son fils, membre d’une unité d’élite dans l’armée, entendant les cris, qui avaient mis fin à ce déchaînement de violence. Le fils soldat s’était alors saisi de son arme à feu et avait tiré sur le terroriste dans le ventre, le neutralisant.

Suite à l’examen par Numa du rapport sur l’attentat terroriste, trois officiers de l’armée israélienne – un haut-responsable de la zone qui entoure Halamish, un commandant de compagnie et le commandant d’une patrouille militaire chargée de surveiller le secteur – ont reçu des blâmes officiels pour n’avoir pas mené à bien leurs obligations.

Le commandant de la patrouille a également été condamné à un confinement sur sa base de 21 jours et les soldats la formant ont écopé d’une note officielle sur leur dossier permanent, a fait savoir le lieutenant-colonel Yonatan Conricus, porte-parole de l’armée.

De plus, Victor Vaknin, coordinateur de la sécurité civile de l’implantation, a reçu une réprimande de Numa. L’adjoint de Vaknin et l’agent de sécurité privé chargé de surveiller la porte d’entrée ont également vu sauter leurs habilitations pour ne pas avoir appelé les militaires après que les capteurs de la clôture ont décelé l’entrée du terroriste, a ajouté l’officier de l’armée.

« Suite aux enseignements apportés par l’enquête, les protocoles de défense des implantations ont été rendus plus clairs et plus stricts », a déclaré Conricus dans un communiqué.

Un porte-parole de Halamish s’est refusé à tout commentaire.

L'équipe de ZAKA sur les lieux de l'attaque au couteau au domicile des Salomon, le 22 juillet 2017 (Crédit : ZAKA)

L’équipe de ZAKA sur les lieux de l’attaque au couteau au domicile des Salomon, le 22 juillet 2017 (Crédit : ZAKA)

L’armée a exigé des coordinateurs de sécurité et de leurs adjoints, qui travaillent dans les implantations de la zone, qu’ils suivent une formation complémentaire. Elle a également demandé le renforcement des « processus de contrôle » des civils chargés des postes de sécurité, a-t-il poursuivi.

L’armée israélienne a indiqué préparer des plans permettant de moderniser les systèmes de sécurité de Halamish.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman serre la main d'un soldat de l'armée israélienne qui avait tiré et blessé un terroriste meurtrier de trois Israéliens dans l'implantation de Halamish, le 21 juillet 2017 (Crédit : ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman serre la main d’un soldat de l’armée israélienne qui avait tiré et blessé un terroriste meurtrier de trois Israéliens dans l’implantation de Halamish, le 21 juillet 2017 (Crédit : ministère de la Défense)

L’enquête militaire a salué les efforts du soldat qui a tiré sur al-Abed ainsi que le père du militaire, qui l’avait assisté. Le rapport indique que la décision prise par l’armée de récompenser le soldat par un éloge et son père – par un courrier – est justifiée. Parce qu’il sert dans une unité canine d’élite, le soldat n’a pu être identifié que par la première initiale de son nom en hébreu, « Ayin ». Son père, quant à lui, s’appelle Shimon Maoz.

L’enquête sur l’attentat terroriste du mois de juillet correspond largement aux premières évaluations qui avaient été faites par Vaknin. Ce dernier avait dit au Times of Israël peu de temps après l’attentat qu’al-Abed avait touché les capteurs lorsqu’il était entré dans l’implantation mais qu’il était déjà parti lorsque l’équipe de sécurité était venue contrôler la clôture.

Supposant que c’était un animal qui avait déclenché les capteurs, en raison de la proximité de Halamish avec une forêt, le patrouilleur de sécurité avait quitté les lieux sans avertir les soldats de l’incident.

« Il s’y est rendu, il a jeté un coup d’oeil, n’a rien vu et il est parti », avait dit Vaknin à ce moment-là.

Au mois de juillet, le leader de Halamish avait indiqué que cela faisait longtemps qu’il savait que la zone située au sud-est de la clôture était vulnérable et qu’ils avaient averti les responsables chargés de la défense de cette menace.

« Nous avons parlé au ministre de la Défense, au chef d’Etat-major et au chef du Commandement central, à tous les dirigeants possibles en charge de la défense », avait-il dit.

Et en effet, le secteur où Abed a franchi la clôture vers Halamish était le même que celui qu’avaient emprunté trois Palestiniens au mois de novembre qui avaient allumé un incendie, détruisant 17 habitations et endommageant 25 autres, selon le coordinateur de la sécurité.

Maisons brûlées dans l'implantation de Halamish, en Cisjordanie, le 26 novembre 2016, au lendemain d'un incendie qui a touché des dizaines de maisons. (Crédit : pompiers israéliens)

Maisons brûlées dans l’implantation de Halamish, en Cisjordanie, le 26 novembre 2016, au lendemain d’un incendie qui a touché des dizaines de maisons. (Crédit : pompiers israéliens)

Vaknin avait indiqué que l’implantation voulait l’installation de caméras supplémentaires pour contrôler la zone et fermer une route située au bas de la colline, par laquelle les incendiaires présumés et le terroriste étaient arrivés.

« Cela fait sept mois que nous demandons cela », avait-t-il ajouté. « Ils profitent de ce point faible et ils réussissent à commettre des actes terroristes ».

Jacob Magid a contribué à cet article.