La branche armée du Hamas a affirmé avoir tiré une roquette mardi soir sur Jérusalem où l’on entendait les sirènes d’alarme de raid aérien – ainsi que sur Tel Aviv et la ville de Beer Sheva.

Le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld, a indiqué à l’AFP qu’il n’avait pas d’information sur une roquette qui serait tombée dans la ville et qu’une roquette a peut-être été interceptée par les systèmes de défense anti-missiles en-dehors de la zone urbaine.

L’armée israélienne a confirmé les tirs sur ces deux villes sans faire état de victimes.

« Le cessez-le-feu est mort et Israël est responsable », a dit Azzam al-Ahmed, le chef de la délégation palestinienne qui participe au Caire aux négociations indirectes avec Israël.

Un haut dirigeant du Hamas a accusé mardi soir Israël d’être responsable de la reprise des violences à Gaza et a averti l’Etat hébreu qu’il ne sera pas « en sécurité » tant que les Palestiniens ne le seront pas.

Peu après l’expiration du cessez-le-feu, rompu dans la journée avec des tirs de roquettes palestiniennes sur Israël et des raids aériens israéliens sur la bande de Gaza, Ezzat el-Rishq, un des dirigeants en exil du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré : « Israël ne sera pas en sécurité tant que le peuple palestinien ne le sera pas, et c’est Israël qui a commencé ».

Un autre membre de la délégation palestinienne présente au Caire pour des négociations indirectes avec Israël a pour sa part annoncé que les négociateurs palestiniens quitteront la capitale égyptienne mercredi matin.

La rupture du cessez-le-feu avait stoppé les pourparlers qui étaient en cours au Caire entre Israéliens et Palestiniens pour transformer cette pause en trêve prolongée: les émissaires israéliens rappelés par leur gouvernement ont repris le chemin d’Israël, sans aucune perspective claire de retour aux discussions.

Les tractations avant la reprise des tirs n’avaient pas fait de progrès et « les chances de parvenir à un accord s’évaporent », avait déclaré sur Twitter Ezzat el-Rishq, représentant du mouvement islamiste au sein de la délégation de négociateurs palestiniens au Caire.

Des milliers de Gazaouis fuient leurs foyers après la reprise des tirs

Des milliers de Palestiniens ont fui mardi leurs maisons à l’est de la ville de Gaza, encombrés de sacs et de matelas, après la reprise des tirs de roquettes sur Israël et des raids israéliens sur l’enclave, selon des témoins.

Un journaliste de l’AFP a vu des centaines de Gazaouis abandonner le secteur de Chajaya, pour aller s’abriter dans les écoles de l’ONU transformées en refuges.

Chajaya, une banlieue à l’est de la ville de Gaza, fait face à la frontière israélienne et a été dévastée par plus d’un mois d’hostilités entre l’armée israélienne et le Hamas palestinien qui contrôle la bande de Gaza.

Des témoins ont vu des milliers d’autres habitants du territoire quitter les secteurs de Zeitoun et Chaaf après avoir entendu une série d’explosions.

Des familles fuyaient à pied, en voiture ou sur des charrettes tirées par des ânes, emportant matelas et provisions.

Huit Palestiniens ont été blessés dans les frappes aériennes israéliennes dont quatre garçons y compris deux âgés de six et neuf ans, selon les services de secours palestiniens de Gaza, contrôlée par le Hamas.

« Nous avons entendu des explosions. Mes enfants ont eu peur, alors je les ramène à l’école de l’UNRWA où nous étions restés durant la guerre », dit Oum Mohamad Bakrun, qui fuyait à pied avec sa soeur et ses quatre enfants.

Saïd Hilis raconte avoir entendu des bombardements à proximité de sa maison. « Nous avons peur. Nous avons entendu à la radio que la résistance a tiré des roquettes de Gaza et Netanyahu a ordonné à l’armée de riposter », a-t-il dit.

En pleine trêve devant expirer mardi à minuit, des roquettes ont été tirées de Gaza sur le sud d’Israël, sans faire de victime. En riposte, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné à l’armée « de frapper les cibles terroristes à Gaza ».

« Je pense que le cessez-le-feu est fini. Je prends ma famille chez des proches dans l’ouest de Gaza. C’est plus sûr las-bas », ajoute Saïd Hilis.

Les mêmes craintes ont été exprimées par des familles dans le nord de Gaza, où Raghda al-Mouqqa, une mère de trois enfants âgée de 30 ans veut chercher un refuge ailleurs.

« Nous avons entendu aux nouvelles que la trêve était terminée. Je vais me rendre dans la maison de mes parents dans le centre de la ville de Gaza. Mes enfants étaient effrayés lorsqu’ils ont entendu que la guerre allait reprendre », dit-elle.

Selon un tweet de Chris Gunness, porte-parole de l’UNRWA, l’office de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, 238 000 personnes sont réfugiées dans 81 abris, 2 938 Palestiniens en moyenne par abri.

Israël a ordonné le retour de ses négociateurs du Caire où ils tentaient de s’entendre avec les Palestiniens par l’entremise des Egyptiens sur un cessez-le-feu durable.

Et le Hamas a ensuite annoncé que les chances de parvenir à un cessez-le-feu durable « s’évaporent ».