Selon les accusations d’un responsable du Hamas, la coopération sécuritaire entre les Palestiniens et Israël a permis à Israël de viser et d’éliminer les deux terroristes du Hamas coupables de l’enlèvement et du meurtre des trois adolescents israéliens en juin.

Salah Bardawil explique dans une déclaration publiée mardi sur le site officiel du Hamas que « le succès de l’occupation israélienne dans l’assassinat des auteurs de l’opération de Hébron [sic] tôt mardi matin est dû à la coopération sécuritaire en Cisjordanie occupée ».

Mardi matin, Marouanne Kawasmeh et Amer Abu Eisheh ont été éliminés lors d’une procédure d’arrestation à Hébron, où ils se cachaient après les assassinats d’Eyal Yifrach, Naftali Fraenkel et Gil-Ad Shaar le 12 juin. On craignait, dans un premier temps, que les trois adolescents aient été enlevés mais, deux semaines plus tard, leurs corps ont été découverts par une équipe de recherche dans un terrain vague près de l’endroit où Kawasmeh et Abou Aysha les ont enlevés.

Bardawil encourage les Palestiniens de Cisjordanie à « exprimer leur colère contre l’occupation et la coordination sécuritaire ». Le Hamas accuse depuis longtemps l’Autorité palestinienne, dirigée par le leader du Fatah, Mahmoud Abbas, de porter atteinte aux intérêts des Palestiniens en préservant la coordination des services de renseignements palestiniens avec les forces de sécurité israéliennes.

Abbas avait publiquement condamné l’enlèvement et l’avait qualifié de « criminel ».

La maison bombardée d'Abou Aysha (credit : Courtoisie/Q.G)

La maison bombardée d’Abu Eisheh (Crédit : Courtoisie/Q.G)

Les critiques cinglantes de Bardawil coïncident avec la reprise des négociations pour un cessez-le-feu entre la délégation de l’unité Fatah-Hamas et les représentants israéliens au Caire. Ces pourparlers ont pour but de consolider les accords négociés à la fin de l’opération Bordure protectrice à Gaza.

Le rapt et le meurtre des trois adolescents israéliens ont été l’un des éléments déclencheurs de la guerre de Gaza cet été.

Izzar al-Rishq, un responsable du Hamas et un membre de la délégation du Caire, a écrit sur Facebook que le début des pourparlers a été retardé de trois heures par les Palestiniens pour protester contre « l’assassinat » de Kawasmeh et Abu Eisheh.

Rishq précise que la délégation palestinienne a demandé la construction d’un port et d’un aéroport à Gaza, et que l’on mette fin « aux mesures punitives » prises contre le Hamas en Cisjordanie suite à l’enlèvement.

Le Hamas a soutenu avec insistance qu’Israël devait libérer les membres de son parlement et les prisonniers relaxés en vertu de l’accord Shalit en 2011 et qui ont été de nouveau arrêtés cet été après la disparition des trois adolescents.

Les pourparlers reprendront la dernière semaine du mois d’octobre après les fêtes juives.