Les agences de renseignements palestiniens fidèles au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ont conseillé Israël sur près de 30 % des cibles dans la bande de Gaza attaquées lors de l’opération Bordure protectrice, a indiqué un responsable du Hamas jeudi.

Salah Bardawil, un responsable du Hamas, a affirmé au quotidien de son mouvement Al-Resalah que les informations fournies par le service des renseignements généraux à Israël concernant les sites du Hamas et du Jihad islamique dans la Khazaah et dans les régions centrales de la bande de Gaza ont conduit à la mort de centaines de Palestiniens lors des frappes aériennes de l’été, dont de nombreuses femmes et enfants.

« Selon les aveux de ceux qui sont impliqués avec le service des renseignements généraux, l’agence aurait apporté de l’aide à l’occupation [israélienne] en créant 29 % de la banque de données des cibles pendant la dernière guerre », a déclaré Bardawil. Ses propos ont été repris par le journal.

Il a ajouté que 82 % des objectifs qui ont été donnés aux renseignements israéliens ont fait l’objet d’une frappe aérienne de la part de l’armée israélienne.

Le Hamas a critiqué pendant longtemps l’Autorité palestinienne et ses services de sécurité qui coopèrent avec Israël, mais n’a jamais détaillé l’étendue de la coopération et les dommages que cette collaboration lui a causée.

Plus tôt cette semaine, Bardawil a déclaré que son mouvement avait la preuve documentée du partenariat des Renseignements généraux avec Israël obtenue grâce à des agents capturés, ajoutant que « des documents, des photos et des coordonnées ont été remis à l’ennemi sioniste ».

Dans l’interview accordée à Al-Resalah, il a noté que les cibles israéliennes incluent des institutions palestiniennes, des mosquées et des maisons des membres du Hamas.

Feras Abu Inil, 13 ans, marchant près de son appartement détruit lors de l'affrontement entre les Israéliens et le Hamas cet été. La photo a été prise le 13 août 2013 (Crédit : AFP/Roberto Schmidt)

Feras Abu Inil, 13 ans, marchant près de son appartement détruit lors de l’affrontement entre les Israéliens et le Hamas cet été. La photo a été prise le 13 août 2013 (Crédit : AFP/Roberto Schmidt)

« La technologie utilisée par les agents du service des renseignements généraux pour envoyer des informations à l’occupation est très avancée, et ressemble beaucoup à la technologie utilisée par l’occupant [Israël} », explique Bardawil. « Cela révèle le niveau de coordination qui existe entre les deux parties ».

L’Autorité palestinienne n’a pas publiquement répondu aux accusations du Hamas.

Muhammad Al-Madani, un responsable du Fatah en charge de la coordination entre la présidence de l’Autorité palestinienne et la société israélienne, a refusé de commenter l’affaire, expliquant au Times of Israel que « les autorités [de l’AP] ont préféré ne pas répondre ».

Le Hamas et le Fatah ont créé en juin dernier, un gouvernement d’union composé de technocrates, mais de profonds désaccords politiques entre les mouvements rivaux ont entaché son activité dès le début.

L’année dernière, Israël avait révélé un projet fomenté par le Hamas visant à évincer Abbas.

Le Hamas a affirmé que plus de 2 000 habitants de Gaza avaient été tués dans le conflit de cet été avec Israël, et que la plupart étaient des civils.

En revanche, Israël, précise que la moitié était des hommes armés du Hamas et blâme en outre le Hamas pour tous les morts comptés parmi les civils – le groupe terroriste ayant entre autres placé ses lance-roquettes au milieu de zones résidentielles.