Le gouvernement du Hamas à Gaza s’est prononcé contre la présence d’une force militaire d’observation en cas d’accord de paix israélo-palestinien, affirmant qu’il manifesterait la même hostilité contre des troupes internationales que celle qu’il démontre contre l’armée israélienne.

« Toute force militaire qui sera déployée pour protéger un accord de paix israélo-palestinien recevra le même traitement que les forces d’occupation [israéliennes] », a déclaré vendredi le porte-parole du Hamas Sami Abu Zuhri. Le Hamas cherche en permanence à attaquer les forces israéliennes, tirant par intermittence des roquettes vers Gaza.

L’organisation tente également d’augmenter son stock de roquettes en vue d’éventuelles confrontations avec Israël.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a récemment confié au New York Times qu’il accepterait une force de maintien de la paix de l’OTAN dans un Etat palestinien démilitarisé afin de calmer les craintes sécuritaires d’Israël.

Le Hamas est opposé à l’existence d’Israël et, depuis plusieurs années, il est en conflit avec le Fatah, qu’il a violemment contraint à quitter Gaza après son coup de force de 2007.

Abu Zuhri a également demandé à Abbas de mettre un terme aux négociations dirigées par les Etats-Unis et a pressé les factions palestiniennes à s’unir pour s’opposer aux pourparlers. Il a déclaré que les négociations avaient pour but de « mettre fin à la question palestinienne et ce qui reste du droit et des principes des Palestiniens. »

« Personne ne vous a autorisé à parler au nom du peuple, au nom du Hamas ou au nom de n’importe quelle autre faction », a déclaré le porte-parole du Hamas. « Pourquoi ne dites-vous pas la vérité sur ce qui se passe lors des discussions secrètes ? Si vous êtes sincères, adressez-vous à votre peuple. Dites-leur la vérité et donnez-leur des détails. »

Israël et l’Autorité palestinienne ont repris les pourparlers de paix fin juillet 2013, mais les négociations n’ont pas encore abouti à des résultats concrets.

Les deux camps se sont mis d’accord pour un délai de neuf mois et qui doit s’achever fin avril. Le Secrétaire d’Etat américain John Kerry travaille à un « accord-cadre » censé permettre la prolongation des pourparlers.

Le Premier ministre du Hamas a affirmé samedi que son organisation n’était pas liée par un tel accord.

« Nous ne céderons pas le moindre mètre carré du territoire palestinien ni le moindre droit du peuple palestinien », a-t-il plaidé.

Le Fatah a répondu aux positions du Hamas sur la force de maintien de la paix de l’OTAN, les qualifiant de néfastes et soutenant qu’elles servaient les intérêts du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Selon le Fatah, une tierce partie ne nuira en rien à la souveraineté palestinienne.