En prélude à une décision attendue de la Cour Suprême sur la question des portefeuilles ministériels multiples du Premier ministre, le gouvernement a annoncé mardi que Benjamin Netanyahu a cédé le ministère de la Coopération régionale au profit de Tzachi Hanegbi, fidèle du Likud.

Netanyahu restera à la tête de trois ministères sur 29, la Communication, les Affaires étrangères et le poste de Premier ministre.

Hanegbi est actuellement ministre sans portefeuille.

En avril 2015, le parti Yesh Atid avait soumis une requête à la Cour Suprême au sujet du nombre de portefeuilles que Netanyahu s’était appropriés à l’époque ; la Santé, la Coopération régionale, la Communication et les Affaires étrangères, ainsi que le poste de Premier ministère.

La Cour avait statué à 4 contre 1 que le Premier ministre pouvait garder ces 4 portefeuilles, mais 3 juges ont donné au Premier ministre 8 mois pour alléger ses fonctions, et ont indiqué qu’ils réétudierait la question s’il ne le faisait pas, avait à l’époque relayé Haaretz.

Les juges avaient déclaré qu’il était difficile de croire que Netanyahu puisse correctement gérer tant de ministères et que la situation n’était pas véritablement démocratique.

Le juge divergent, Hanan Melcer, s’était opposé à une telle multiplication de portefeuilles, et avait indiqué que ce qu’il trouvait le plus criticable était qu’il détienne le ministère de la Communication.

« Étant donné que le Premier ministre dirige la branche exécutive, son activité en tant que ministre de la Communication prima facie ne s’accorde pas avec la séparation des pouvoirs, parce que les médias dans le monde moderne sont considérés comme une quatrième branche », avait écrit Melcer.

L’audiovisuel public est en train de subir une réforme majeur en Israël actuellement.

Peu après, Netanyahu avait accordé le ministère de la Santé à Yaakov Litzman, du parti ultra-orthodoxe YaHadout HaTorah.

Hanegbi, dont la nomination a été confirmée par un sondage par téléphone aux chefs de la coalition, est ministre sans portefeuille depuis la formation du gouvernement en mai 2015, a indiqué Haaretz mercredi.

Netanyahu lui avait promis qu’il ne s’agissait que d’une situation temporaire et qu’il obtiendrait un portefeuille ministériel au bout d’un an.

Hanegbi est entré à la Knesset en 1988. Il a été ministre de la Justice, de la Sécurité nationale, des Renseignements et des Affaires nucléaires, de la Santé, de l’Environnement, et des Transports. Il a également été ministre au Bureau du Premier ministre, chargé de superviser les services de renseignements israéliens.

Il a également officié en tant qu’adjoint au ministre des Affaires étrangères, en tant que président de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense, et en tant que chef de la majorité à la Knesset.

En 2010, il a été exclu de la Knesset, suite à des actions de parjure, mais a été réélu au Parlement en 2013.

Bien qu’il se soit séparé de Netanyahu pendant plusieurs années pour rejoindre le parti Kadima, il est revenu vers le Likud et est considéré comme l’un des partisans les plus loyaux de Netanyahu.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Tzahi Hanegbi, député du Likud en 2016 (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH 90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Tzahi Hanegbi, député du Likud en 2016 (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH 90)

Les parents d’Hanegbi étaient très actifs à Lehi, l’organisation sioniste paramilitaire avant 1948, un mouvement souterrain de droite qui a commis plusieurs meurtres sur des personnes connues dans le cadre de sa campagne pour éjecter les Britanniques de Palestine.

Le ministère de la Coopération régionale était jusqu’à ce jour dirigé par le ministre adjointe Ayoub Kara (Likud).