La Cour suprême israélienne a annoncé mardi qu’elle statuerait avant dimanche sur l’interdiction faite à la députée arabe Hanin Zoabi de se présenter aux élections du 17 mars, une commission électorale l’accusant d’être « hostile à Israël ».

La haute instance judiciaire a examiné la légalité de cette décision prise jeudi dernier à l’encontre de Mme Zoabi, l’une des figures politiques les plus controversées en Israël, par la commission centrale des élections, présidée par un juge mais composée de représentants de partis politiques.

Cette instance avait également disqualifié un candidat de l’ultra-droite Baruch Marzel, un des héritiers idéologiques du rabbin Meïr Kahane, assassiné en 1990 et fondateur du mouvement anti-arabe Kach, interdit en Israël. La Cour suprême se donne également jusqu’à dimanche pour statuer sur le cas de M. Marzel.

Avant les législatives de 2013, la Cour suprême avait déjà invalidé la disqualification de Mme Zoabi, là aussi accusée d’avoir « pris le parti des ennemis d’Israël » en participant à une tentative de briser le blocus de Gaza à bord du ferry turc Mavi Marmara en 2010.

Mme Zoabi, 45 ans et députée depuis 2009, est vilipendée par ses adversaires qui la considèrent comme une ennemie de l’intérieur. Elle rejette l’idée d’Israël comme Etat juif et juge irréaliste une vision de deux Etats palestinien et israélien coexistants. Elle défend l’idée d’un seul Etat où juifs et Palestiniens auraient les mêmes droits.

Mme Zoabi, du parti Balad, est en 7ème position sur la liste que présentent les quatre principaux partis arabes israéliens. Ces derniers font pour la première fois liste commune aux législatives.

Représentant un Israélien sur cinq, les Arabes israéliens sont les descendants des Palestiniens restés sur leur terre après la création d’Israël en 1948. Douze des 120 députés du Parlement israélien sont des Arabes-Israéliens.