Le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh s’est rendu samedi en Egypte, son premier déplacement dans ce pays depuis son élection, a indiqué le mouvement terroriste palestinien qui cherche à améliorer ses relations avec Le Caire.

Haniyeh est arrivé samedi après-midi au Caire, pour une série de réunions avec des responsables de la sécurité égyptienne. Des cadres du Hamas à l’étranger, dont Moussa Abu Marzouk et Saleh al-Arouri, font partie de la délégation.

Les discussions devaient porter sur les accords conclus ces derniers mois entre le Hamas et les renseignements égyptiens sur la sécurité de la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte, selon le site d’information israélien Ynet.

Le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, entretient des relations tendues avec l’Egypte depuis le renversement en 2013 de l’ancien président Mohammed Morsi, membre des Frères Musulmans, dont est également issu le groupe terroriste.

L’Egypte maintient fermée quasiment en permanence sa frontière avec la bande de Gaza et accuse le Hamas de soutenir le terrorisme sur son sol, notamment en aidant l’insurrection islamique dans le nord du Sinaï égyptien. Ces derniers mois, le Hamas a renforcé la sécurité le long de la frontière sud de Gaza, cherchant à montrer au Caire qu’il combat les sympathisants du groupe Etat islamique.

Création d'une zone tampon à la frontière entre l'Egypte et la bande de Gaza par le Hamas, près de Rafah, le 28 juin 2017. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Création d’une zone tampon à la frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza par le Hamas, près de Rafah, le 28 juin 2017. (Crédit : Said Khatib/AFP)

En échange, selon l’article, l’Egypte devrait alléger son blocus de Gaza, notamment en permettant une hausse du transfert des marchandises, et en consentant à la réouverture dans les prochains moins du point de passage de Rafah.

La délégation du Hamas en Egypte va discuter « des mécanismes pour assouplir le siège de Gaza et d’autres questions d’intérêt mutuel », a indiqué le mouvement dans un communiqué.

Ces discussions ont lieu quelques semaines après qu’un terroriste kamikaze a tué un garde du Hamas dans le sud de la bande de Gaza, qui tentait de l’empêcher d’entrer en Egypte, ce qui a été décrit comme un rare attentat contre le groupe terroriste islamiste. Cet attentat-suicide est le premier d’un Palestinien contre les forces du Hamas.

Il n’a pas été précisé si les rencontres entre le Hamas et l’Egypte aborderaient le sujet des négociations pour un possible échange de prisonniers avec Israël. Le Hamas détiendrait trois civils israéliens vivants, Avraham Abera Mengistu, Hisham al-Sayed et Juma Ibrahim Abu Anima, et les corps de deux soldats tués pendant l’opération Bordure protectrice de l’été 2014, Oron Shaul et Hadar Goldin.