L’affaire a commencé par l’inscription sur une trousse de la mention « juif = cramé ».

Suite aux interrogations d’un élève sur la légitimité d’un tel message, trois lycéens se sont rendus coupables de harcèlement à caractère antisémite à l’encontre de celui-ci. De longs mois se sont écoulés jusqu’à ce que la victime décide de rompre le silence, rapporte le quotidien régional Ouest-France.

Suite aux signalements des faits à la police par les parents du lycéen, une convocation devant le juge des enfants pour injures racistes, antisémitisme et menaces de mort, a été transmise au propriétaire de la trousse, suspecté d’être l’auteur principal du harcèlement.

Un rappel à la loi a été également décidé à l’encontre des deux autres lycéens.

Le proviseur du lycée Louis-Armand, Bernard Soulignac, s’est élevé contre ces comportements antisémites et négationnistes.

« Les élèves faisaient comme s’il était juif et plaisantaient sur des thématiques qui tournent autour du camp d’extermination nazi à Auschwitz, comme ‘ça allait gazer pour lui’ et d’autres plaisanteries d’extrême mauvais goût, toutes en lien avec cette thématique qu’on peut qualifier d’antisémite et aussi de négationniste. »

Le chef de l’établissement a fait preuve de fermeté à l’égard des trois lycéens : « J’ai prononcé à leur égard une exclusion de huit jours, qui est le maximum que peut faire un chef d’établissement. Je pense que c’est une sanction de nature éducative, elle doit montrer la gravité de ce jeu plus que malsain. Moi, je n’appelle pas ça une plaisanterie ! Cette plaisanterie a coûté six millions de morts. »

A Avignon au lycée Aubanel, une lycéenne a également été victime de harcèlement en raison de son appartenance religieuse.

Scolarisée en classe de première, la victime confie que les faits ont débuté dès la rentrée : « Au mois de septembre, j’ai senti que le courant passait mal avec une fille nouvellement arrivée dans l’établissement. À quelques rares exceptions près, elle a ligué tous les élèves contre moi. Petit à petit, ils se sont éloignés, ils m’ont complètement isolée. »

Le boycott a ensuite laissé la place à des agressions verbales.

« Des critiques sur mon physique, sur ma manière de m’habiller, des mots que je n’ose répéter… », confie la lycéenne. Lorsqu’elle craque et se décide à en parler à ses parents, les faits ont déjà pris une ampleur considérable notamment sur les réseaux sociaux.

Les parents de la victime prennent contact avec la direction de l’établissement, puis décident de porter plainte et font appel à l’Équipe mobile académique de sécurité qui intervient dans les classes, rapporte La Provence.

« Ça n’a rien changé. Toujours les quolibets, les messages insidieux », raconte la jeune fille.

« Jusqu’au jour où on m’a demandé de ne pas venir au lycée par crainte de représailles… Entre-temps, ma mère a verbalement été agressée et menacée par la mère d’une de mes harceleuses. »

Les parents de la victime dénoncent à demi-mots l’immobilisme du lycée qui propose à la jeune fille de changer d’établissement « pour sa sécurité ».

« Je ne comprends pas pourquoi ma fille doit aller ailleurs, pourquoi ce harcèlement n’est pas réprimandé, pourquoi c’est elle, victime, qui doit s’effacer. Aujourd’hui, elle n’est plus scolarisée. Elle doit passer son bac de Français à la fin de l’année. Dans quelles conditions ? C’est une année de perdue », s’indigne t-elle.