Le Premier ministre libanais Saad Hariri a démenti les affirmations israéliennes, selon lesquelles l’Iran a installé des usines d’armement au Liban pour le groupe terroriste du Hezbollah. Il a affirmé que ces allégations faisaient partie d’une « campagne de désinformation » d’Israël.

« Les Israéliens savent très bien qu’il n’y a pas d’usine de missiles au Liban. Ils ont l’habitude de lancer ces campagnes de désinformation », a dit Hariri vendredi au Monde.

« Notre problème avec Israël, c’est que ses dirigeants parlent toujours de guerre et de sécurité, mais jamais de paix », a-t-il dit, accusant Israël de ne pas avoir répondu à l’Initiative de paix saoudienne de 2002.

Israël a récemment mis en garde contre les efforts iraniens pour installer des usines de fabrication d’armements au Liban.

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, a dit la semaine dernière au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, alors en visite en Israël, que l’Iran « travaille à installer des usines pour fabriquer des armes de précision au Liban même. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a ajouté que l’Iran était aussi impliqué dans la construction d’une autre usine en Syrie.

Pendant son entretien avec Le Monde, Hariri a affirmé que le Hezbollah ne contrôlait pas le Liban, quelques jours après la négociation d’un accord par le groupe terroriste pour évacuer du Liban des jihadistes de l’Etat islamique (EI) combattant contre les forces libanaises.

Un tank portant le drapeau du groupe terroriste du Hezbollah dans la région syrienne de Qalamoun, le 28 août 2017. (Crédit : Louai Beshara/AFP)

Un tank portant le drapeau du groupe terroriste du Hezbollah dans la région syrienne de Qalamoun, le 28 août 2017. (Crédit : Louai Beshara/AFP)

« Ils affirment que le Hezbollah contrôle le Liban, ce n’est pas vrai, a-t-il dit. Le Hezbollah a une présence, il est au gouvernement et est soutenu dans le pays, mais cela ne veut pas dire que le Hezbollah contrôle tout le Liban. »

Hariri a également défendu l’accord pour l’évacuation des combattants de l’EI, affirmant que lui et le président libanais Michel Aoun avaient autorisé les terroristes à « franchir la frontière » syrienne dans le cadre de l’accord, tout en précisant que « leur transport en bus vers l’est de la Syrie a été décidé par le Hezbollah et les Syriens. »

Il a également démenti que le groupe terroriste jouait un rôle plus important que l’armée libanaise dans les combats contre l’EI, affirmant que « c’est ce que proclame le Hezbollah, mais en vérité, c’est l’armée libanaise qui a eu le plus grand rôle. Elle a fait tout le travail. »

Des agences et l’équipe du Times of Israël ont contribué à cet article.