Hanan Achrawi, membre du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a jugé impossible pour Israël d’endiguer le boycott international en raison de la construction des implantations juives dans les Térritoires palestiniens, dans une tribune publiée lundi par le quotidien israélien Haaretz.

Le chef du gouvernement israélien Benjamin Netanyahu a réuni dimanche soir trois de ses ministres, Avigdor Liberman (Affaires étrangères), Naftali Bennett (Economie) et Yuval Steinitz (Affaires stratégiques) pour discuter des moyens de lutter contre le boycott, selon les médias israéliens.

Les ministres centristes des Finances Yaïr Lapid et de la Justice Tzipi Livni, qui ont récemment mis en garde contre le boycott, n’ont en revanche pas été conviés, souligne le quotidien Maariv, précisant que M. Steinitz a proposé un plan de 100 millions de shekels (environ 21 millions d’euros) pour riposter aux organisations pro-boycott.

« Aucune manipulation médiatique ou de « hasbara » [relations publiques en hébreu], aussi bien financée soit-elle, ne pourra contrer un tel mouvement en expansion mondiale », écrit Ashrawi, membre du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

« Lancé par la société civile palestinienne et soutenu par des groupes de solidarité et des personnes de conscience à travers le monde, y compris en Israël même, le mouvement Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) est à plusieurs égards calqué sur le long; mais efficace combat pour mettre fin à l’apartheid et au racisme institutionnalisé en Afrique du Sud », rappelle-t-elle.

Saluant une « forme de résistance responsable et non violente, » la dirigeante palestinienne souligne que le BDS « montre que l’occupation a un prix et incite la société civile israélienne à mettre son gouvernement face à ses responsabilités ».

Hanan Ashrawi récuse l’accusation de « délégitimation » lancée par le gouvernement Netanyahu contre le boycott, affirmant que « si Israël choisit de se définir uniquement par son projet d’occupation, de colonisation et de nettoyage ethnique, c’est lui seul qui porte la responsabilité de sa propre +délégitimation+ ».

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a récemment essuyé une salve de critiques de ministres israéliens lui reprochant d’utiliser les menaces de boycottage international pour arracher à Israël des concessions dans les négociations de paix avec les Palestiniens.