Le président iranien Hassan Rouhani, qui effectue lundi une rare visite d’Etat en Turquie, a indiqué qu’il évoquerait la situation en Syrie, en Irak ainsi que la coopération économique et politique avec les responsables turcs.

Les deux pays ont renforcé leurs relations économiques et commerciales ces dernières années malgré leur désaccord sur le conflit syrien. L’Iran est le principal allié régional du régime du président Bashar el-Assad alors que la Turquie soutient la rébellion.

« Nos deux pays sont voisins de l’Irak et de la Syrie (où) nous avons assisté au cours des derniers mois à des évolutions positives », a déclaré le président Rouhani, cité par l’agence officielle Irna avant son départ pour Ankara.

« Il est nécessaire de discuter de tous ces sujets avec la Turquie », a-t-il ajouté.

Selon Irna, M. Rouhani a envoyé dimanche un message de félicitation au président Assad « pour sa victoire à la présidentielle » du 3 juin organisée dans les zones contrôlées par le régime, qu’il a remportée sans surprise face à deux candidats inconnus.

L’opposition syrienne en exil, soutenue par l’Occident, a jugé « illégitime » ce scrutin et s’est engagée à poursuivre la révolte lancée il y a plus de trois ans pour faire tomber le régime Assad. Washington a parlé de « non-élection » et Londres a dénié toute légitimité au scrutin.

Lors de sa visite de deux jours, M. Rouhani doit rencontrer son homologue Abdullah Gul et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Un « premier conseil des ministres commun » doit également être organisé, selon M. Rouhani, qui est accompagné d’une importante délégation.

C’est la première visite d’Etat d’un président iranien depuis 1996 selon les autorités turques, même si les prédécesseurs de M. Rohani, Mohammad Khatami (1997-2005) et Mahmoud Ahmadinejad (2005-2013), s’étaient déjà rendus en Turquie.

Les sujets économiques, notamment la coopération énergétique, gazière et électrique, ainsi que la signature de plusieurs accords sont au programme des discussions.

M. Erdogan s’est rendu en janvier en Iran. Il avait alors annoncé l’intention des deux pays de porter en 2015 à 30 milliards de dollars (22 milliards d’euros) le volume de leurs échanges commerciaux, contre 13,5 milliards de dollars (10 milliards d’euros) en 2013.

Largement dépendante de l’Iran et de la Russie pour ses ressources énergétiques, la Turquie envisage d’augmenter ses importations de pétrole et de gaz iraniens à la faveur de la levée des sanctions internationales prévue dans le cadre de l’accord intérimaire sur le nucléaire iranien avec les pays du groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne).