Malgré les protestations des survivants de l’Holocauste et les promesses d’action des hommes politiques, la pauvreté des rescapés des crimes nazis a augmenté au cours de la dernière année, selon une étude publiée mercredi par la Foundation for the Benefit of the Holocaust Victims.

Plus du quart des quelque 193 000 survivants de l’Holocauste en Israël, soit 50 000 personnes concernées, vivent en dessous du seuil de pauvreté, contre 25 % en 2013. L’étude révèle également que 60 % d’entre eux rencontrent des difficultés financières.

Par ailleurs, 61 % des personnes interrogées ont déclaré que peu de changements étaient intervenus au cours de l’année écoulée dans la relation entre les survivants et le gouvernement et 55 % des répondants ne sont pas satisfaits de l’attitude du gouvernement.

En outre, parmi ceux qui ont réclamé une aide financière, 86 % vivent avec moins de 5 000 shekels (1 432 dollars) par mois.

Et parmi ces derniers, 60 % – contre 58 % en 2013 – vivent avec moins de 3 000 shekels (860 dollars). Cette précarité financière a un impact considérable sur leur qualité de vie.

En effet, une personne sur cinq déclare avoir dû renoncer à l’achat de nourriture ou de médicaments au cours des deux dernières années par manque de moyens financiers.

Après la publication de la dernière enquête en 2013, les membres de la commission de la santé et du bien-être de la Knesset se sont réunis au mois d’avril de l’année passée pour une audience spéciale consacrée à l’amélioration du bien-être et des conditions de vie des survivants de l’Holocauste.

Lors de la réunion, un rescapé âgé de 83 ans, a perdu patience et fustigé le gouvernement pour la tenue de débats stériles et sans fin. Il accuse la classe politique d’avoir abandonné les survivants à leur sort et de les laisser mourir dans la pauvreté.

« Ce que vous faites subir aux survivants est un crime et une honte. [L’ancien premier ministre David] Ben Gurion a conclu un pacte, et nous a promis que nous allions recevoir de l’argent pour le restant de nos
vies », a déclaré Dora Roth, résidente de Tivon qui a immigré en Israël en 1952 après avoir perdu sa famille durant la Shoah.

« Qu’avez-vous fait de l’argent ? », a lancé Roth, en pointant un doigt accusateur vers les politiciens présents. « Voir un survivant de l’Holocauste qui ne puisse se permettre de chauffer sa maison en hiver et acheter de la nourriture constitue un déshonneur pour vous. Je n’en ai rien à faire de vos commissions. Elles ne signifient rien pour nous. J’ai fait tout le chemin jusqu’ici pour vous demander une chose : ‘Laissez-nous mourir dans la dignité’. »

Des députés ont exprimé leur regret et ont promis d’adopter des mesures pour améliorer la situation. Visiblement sans succès.

Néanmoins, le ministre des Finances Yair Lapid a présenté un plan la semaine dernière qui prévoit d’augmenter de 1 milliard de shekels (289 millions de dollars) le budget alloué aux 200 000 victimes des atrocités nazies, résidant en Israël.

Le projet de loi, qui prévoit une revalorisation de l’allocation mensuelle et la gratuité des médicaments pour les survivants, doit être soumis au vote de la Knesset le 27 avril, veille de la Journée de commémoration de l’Holocauste en Israël.

L’une des premières décisions de Lapid en tant que ministre des Finances a été d’ordonner le transfert de plus de 50 millions de shekels (13 millions de dollars) vers la Fondation.

Les fonds ont été dédiés à l’amélioration de la qualité de vie des survivants âgés et aux soins infirmiers à domicile.

Times of Israel et Marissa Newman ont contribué à la rédaction de cet article.