En cette veille du Jour de la Shoah, le gouvernement israélien approuve une augmentation annuelle d’1 milliard de shekels (environ 206 millions d’euros) d’allocations pour la population des survivants de l’Holocauste, sévèrement démunie et qui se réduit comme peau de chagrin.

Le nouveau « panier » d’allocations, intitulé « Le Plan national d’aide aux survivants de l’Holocauste », est l’initiative conjointe du ministre des Finances Yair Lapid et du ministre des Affaires sociales Meir Cohen, et prendra effet le plus rapidement possible… « conscients du fait que délai imparti pour améliorer la vie des rescapés de l’Holocauste est court. »

Le plan a été approuvé par le cabinet dimanche, appelant à une législation parlementaire express, après le retour des vacances fixé au 12 mai.

« Aujourd’hui, nous changeons les priorités et nous redressons les torts commis pendant des décennies, au cours desquelles les survivants de l’Holocauste ont été négligés, mis à l’écart et perdus dans le labyrinthe des machines de la bureaucratie israélienne », a scandé Lapid dans une déclaration prononcée suite à l’aval du cabinet.

Le ministre des Affaires sociales Meir Cohen a qualifié le vote du cabinet de « l’une des décisions les plus dramatiques et les plus morales » de tout gouvernement « depuis la fondation de l’État… C’est une mesure qui va apporter un peu de justice » aux survivants, et qui leur permettra « de vivre leur vie en terre d’Israël avec dignité ».

Le nouveau plan vise à augmenter les allocations et à alléger les démarches bureaucratiques de quelque 200 000 survivants via de nombreux programmes gouvernementaux.

Il permettra d’accroître les allocations mensuelles de différentes catégories de survivants. Un budget annuel de 277 millions de shekels ajoutera des milliers de shekels aux allocations mensuelles des survivants ayant immigré en Israël après 1953, un total de 18 500 rescapés qui ne bénéficiaient pas de certains avantages accordés à ceux arrivés plus tôt.

D’une allocation mensuelle comprise entre 1 500 et 1 800 shekels actuellement, les survivants post-1953 recevront désormais jusqu’à
5 400 shekels par mois, et pour les plus pauvres d’entre eux, jusqu’à
8 800 shekels.

Grâce au nouveau plan, quelque 166 millions de shekels annuels permettront à 88 000 survivants de voir leur pension passer de 1 825 shekels à 2 200 shekels par mois.

Les survivants paient actuellement 50 % du montant de leurs médicaments. Le nouveau plan leur accorde 100 % de couverture.

Le plan supprime également certains obstacles bureaucratiques qui empêchent les survivants de bénéficier de leurs droits.

Par exemple, de nombreux survivants – ceux arrivés après 1953 et qui n’ont pas été internés dans des camps de la mort ou des ghettos – peuvent recevoir jusqu’à 4 000 shekels de remboursement de soins dentaires et optométristes sur une période de deux ans.

Le nouveau plan leur octroie une allocation de 3 600 shekels annuels, près de deux fois le montant actuel, et supprime l’obligation de montrer les reçus des prestances médicales. La nouvelle politique coûtera environ 288 millions de shekels par an.

Le plan permettra aux conjoints d’un rescapé décédé de toucher la bourse mensuelle de 2 000 shekels, au-delà de la limite actuelle de trois ans après le décès.

Quelque 9 000 survivants classés « démunis » par le ministère des Finances recevront une allocation annuelle de 2 000 shekels supplémentaires.

Et les services psychologiques et de bien-être des survivants seront injectés d’une somme supplémentaire de 70 millions de shekels par an de fonds gouvernementaux.