Le chef du parti travailliste Isaac Herzog a peut-être reconnu par inadvertance qu’Israël était responsable de la frappe de la semaine dernière sur le plateau du Golan dans laquelle des hauts commandants du Hezbollah et un général iranien ont été éliminés.

Israël reconnaît rarement la responsabilité de telles attaques, et cela ne dérogeait pas à la règle cette fois-ci, avec les chefs militaires et politiques gardant le silence à ce sujet.

Pourtant la semaine dernière, s’exprimant à l’Union des Etudiants de l’Université Ben Gourion au Collège de la vallée Jezreel, Herzog, informé sur les questions de sécurité nationale dans sa capacité de chef de l’opposition, a apparemment brisé le silence.

Saluant son partenariat avec Tzipi Livni, l’autre chef de la liste de Camp sioniste pour la Knesset, Herzog a déclaré aux étudiants rassemblés qu’ils apporteraient au Bureau du Premier ministre « une immense expérience dans tous les domaines de la vie ».

Dans les commentaires filmés, diffusés par la Dixième chaine d’information dimanche, Herzog a ensuite parlé de sa propre expérience en tant que chef de l’opposition, mentionnant « l’opération » en Syrie comme un exemple de cette expérience.

« Je vous le dis aujourd’hui : chaque minute, il y a quelque chose. Que pensez-vous ? J’ai bien évidemment été informé de l’opération ou des développements qui avaient lieu ».

Le porte-parole d’Herzog a fait machine arrière dimanche, expliquant à la Dixième chaine que le chef de l’opposition faisait référence aux informations sur les conséquences de l’attaque, et qu’il n’avait pas explicitement reconnu une frappe israélienne dans ses commentaires.

Les commentaires de Herzog ne constituent pas la première admission non voulue d’une frappe israélienne au delà d’une frontière ennemie par un chef de l’opposition israélienne.

En 2007, après une frappe ordonnée par le gouvernement d’Ehud Olmert contre le réacteur nucléaire syrien en construction, le chef de l’oppostion d’alors (et actuel Premier ministre) Benjamin Netanyahu avait fait une gaffe similaire.

« Quand le Premier ministre fait des choses qui sont importantes et nécessaires selon moi », a déclaré Netanyahu sur la Première chaine en septembre 2007, « à la sécurité d’Israël, je lui apporte mon soutien. Ici aussi, j’étais un partenaire, et je dois le dire, dès le début, je l’ai soutenu ».