Le dirigeant du Parti travailliste Isaac Herzog a déclaré qu’il deviendrait le prochain Premier ministre d’Israël après les élections de mars 2015, à la tête d’un bloc centriste qui vaincrait Benjamin Netanyahu.

La population israélienne « me fait confiance », a déclaré Herzog vendredi, c’est « l’une de mes vertus », et battre Netanyahu est « faisable », a-t-il scandé.

Netanyahu devrait s’associer au leader de HaBayit HaYehudi Naftali Bennett, ministre de l’Economie, et aux partis ultra-orthodoxes, pour créer un nouveau gouvernement après les élections.

Herzog courtise la ministre de la Justice sortante et présidente de Hatnua Tzipi Livni, et d’autres, comme le chef de Kadima Shaul Mofaz, pour former une alliance avant le vote du 17 mars.

Les dirigeants des partis centristes doivent se réunir et présenter une alternative claire et sans équivoque à Benjamin Netanyahu, a déclaré Herzog.

Concernant le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman, Herzog n’a pas rejeté la formation d’une coalition avec son parti Yisrael Beytenu.

« C’est un jeu de coalitions », a expliqué Herzog vendredi. « Pour moi, tous les partenaires sont possibles, du [parti de gauche] Meretz au parti de Liberman. Les Arabes [des partis arabes de la Knesset] disent toujours qu’ils refusent entrer dans une coalition, mais comme dans celle de Rabin [Yitzhak, le Premier ministre assassiné], ils peuvent être soutenus de l’extérieur. »

Aux remarques sur les sentiments exprimés dans la presse et la population israélienne le qualifiant de « personnage non-charismatique » – Herzog rétorque « merci ».

« Les électeurs doivent pouvoir me faire confiance et ce qui m’importe », répond-il, éludant les allusions peu flatteuses.

Passant à la question du processus de paix au point mort, Herzog dit ne pas se faire d’illusions, mais affirme qu’il refuse d’abandonner les efforts pour parvenir à une solution à deux Etats avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Les pourparlers de paix sous l’égide américaine entre Israël et l’Autorité palestinienne ont échoué fin avril après qu’Abbas a signé un pacte d’unité avec le Hamas.

Netanyahu a refusé de poursuivre les négociations avec un gouvernement palestinien soutenu par un groupe terroriste.

L’obstacle numéro un à la paix est le manque de confiance et de dialogue entre les dirigeants, pointe Herzog, indiquant qu’il entretient de bonnes relations avec le président de l’AP.

« Ma politique sur les implantations est basée sur les célèbres paramètres [de Clinton] », dit-il, en référence aux lignes directives présentées par l’ancien président américain qui appellent à un Etat palestinien au sein de 95 % de la Cisjordanie, à l’annexion israélienne des blocs d’implantation et à une division de Jérusalem comme capitale d’Israël et d’une future Palestine.

« La situation est si grave en raison du sentiment de manque d’espoir, du sentiment de désespoir. Le déchaînement des sentiments de haine religieuse est extrêmement dangereux pour nous tous », a-t-il dit, en référence aux tensions entourant le mont du Temple et à la vague d’attentats terroristes qui ont coûté la vie à près d’une douzaine Israéliens depuis la mi-octobre.

Extrait des déclarations de Herzog en anglais. Il parle à 21:30.