Isaac Herzog, député de l’Union sioniste et chef de l’opposition, a suggéré mardi que des « considérations de corruption » concernant un accord pour l’achat de trois sous-marins allemands pourraient être responsables du manque de préparation de la Défense passive pointée du doigt par un rapport publié mardi par le contrôleur de l’Etat.

« Ce rapport renforce le sentiment de la plupart des citoyens, que tout a été abandonné, a déclaré Herzog dans un communiqué. Si nous en sommes arrivés au point où des considérations de corruption sont liées à l’achat de sous-marins, et qu’à présent il a été mis en évidence qu’ils [le gouvernement] ne se sont pas occupés de protéger les enfants et les familles des roquettes, alors tout a été abandonné. »

Le rapport a annoncé qu’entre un quart et la moitié des Israéliens n’a pas accès à un abri anti-bombes adéquat en cas d’urgence.

Le document, qui examine la préparation du pays contre les roquettes et les missiles, a mis en évidence de nombreux échecs et failles du gouvernement et des plans militaires de protection de la population civile israélienne. Un rapport similaire, publié l’année dernière, avait déjà relevé les lacunes du Commandement de la Défense passive du pays.

Le mois dernier, il est apparu que l’avocat personnel de Netanyahu, David Shimron, représentait l’entreprise allemande en Israël, ce qui pourrait constituer un grave conflit d’intérêts.

David Shimron à Tel Aviv, le 17 février 2015. (Crédit : Ben Kelmer/Flash90)

David Shimron à Tel Aviv, le 17 février 2015. (Crédit : Ben Kelmer/Flash90)

Le procureur général, Avichai Mandelblit, a ordonné à la police d’ouvrir une enquête sur les accusations contre Shimron, qui aurait utilisé sa proximité avec Netanyahu pour pousser Israël à acheter plusieurs sous-marins à ThyssenKrupp, à obtenir le contrat de construction des navires qui défendront les champs de gaz naturel d’Israël, et lui permettre de construire un chantier naval en Israël.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a réagi mercredi avec indifférence aux récents articles détaillant la possession par l’Iran d’une part de ThyssenKrupp, déclarant que « le sujet était déjà connu ».

« Nous savions que l’Iran était actionnaire du groupe allemand depuis 2004 », a assuré Avigdor Liberman, dont les propos ont été diffusés par la télévision publique.

En évoquant la date de 2004, le ministre faisait allusion aux trois sous-marins commandés récemment, mais aussi aux cinq autres submersibles allemands dont Israël s’est équipé et d’un cinquième bâtiment qui doit être livré prochainement.

Avigdor Liberman a affirmé qu’Israël « n’avait pas d’autres choix » que le groupe allemand pour s’équiper de sous-marins.

Selon des responsables du ministère de la Défense cités par les médias, Israël a obtenu des responsables de TKMS des assurances que les Iraniens n’avaient pas accès à des informations confidentielles sur les sous-marins livrés et commandés par Israël.

Le groupe allemand a confirmé que l’IFIC a détenu 7 % de ses actions avant que cette participation descende sous les 5 % à partir de mai 2003, mais sans préciser le pourcentage exact que détient cet organisme iranien actuellement.