Le chef de l’opposition Isaac Herzog a mené mercredi un chœur de critiques contre le gouvernement nouvellement formé, peu de temps après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé sa coalition de 61 sièges, le qualifiant d’ « échec national d’un gouvernement ».

Herzog a déclaré dans un communiqué que le gouvernement étroit de Netanyahu « manquait de responsabilité, de stabilité et de gouvernance ».

«[C’est] un gouvernement faible et étroit, sensible au chantage, qui ne fera rien avancer et sera rapidement remplacé par une alternative responsable et pleine d’espoir », a affirmé le chef de l’Union sioniste.

Après six semaines de querelles avec ses partenaires potentiels de la coalition, Netanyahu a annoncé mercredi la formation d’une coalition gouvernementale de 61 sièges, quelques heures avant que son mandat pour former un gouvernement n’expire.

En ce qui concerne l’accord de dernière minute de Netanyahu donnant le ministère de la Justice au parti de droite HaBayit HaYehudi – « qui avait porté atteinte et menacé la primauté du droit dans la précédente Knesset » – Herzog a déclaré qu’il s’agissait « d’un exemple évident du mépris de Netanyahu pour le bien-être des citoyens d’Israël ».

« Cela montre que même la primauté du droit et de la démocratie israélienne valent moins que ses besoins politiques », a lancé le chef de l’opposition.

Le chef du parti travailliste, Isaac Herzog, a réitéré jeudi qu’il n’entrerait pas dans le nouveau gouvernement du Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahu – qui cherche à élargir son étroite coalition.

« Nous ne jouerons pas les roues de secours, nous n’avons pas l’intention de sauver Netanyahu du trou qu’il s’est lui-même creusé », a déclaré Herzog dans une vidéo mise en ligne sur sa page Facebook.

« Je ne vais pas être la planche de salut de Benjamin Netanyahu, et s’il pense qu’il peut agiter tel ou tel portefeuille sous mon nez, il se trompe lourdement », a-t-il ajouté.

« Le quatrième gouvernement de Netanyahu ne pourra faire face aux tâches énormes qui nous attendent, il ne pourra tenir aucune de ses promesses, sinon envoyer de l’argent à tel ou tel secteur ou groupe de pression », a-t-il encore dit.

L’alliée d’Herzog, Tzipi Livni, une ancienne partenaire de coalition de Netanyahu qui s’était présentée sur la même liste qu’Herzog aux dernières élections, a également critiqué la nouvelle coalition. Pour Livni, le gouvernement de Netanyahu n’était « pas bon pour Israël par sa méthode, sa vision du monde, ses valeurs, et ses objectifs – et donc c’est bien que ce soit un gouvernement de 61 (sièges), de sorte qu’il sera facile de le remplacer par un gouvernement qui conduira Israël selon notre méthode ».

Le chef de file du parti Yesh Atid, Yair Lapid a qualifié la nouvelle coalition « d’étroite, soupçonneuse, et sectorielle » et a annoncé sur Facebook que son parti sera l’alternative.

« Nous serons là tous les jours. A la plénière de la Knesset, dans les commissions, à la Cour suprême, dans les rues et sur les places », a écrit Lapid, le ministre des Finances du précédent gouvernement Netanyahu.

Le leader de HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett, l’allié de Netanyahu, a déclaré peu après l’annonce de l’accord entre son parti et le Likud que le gouvernement résultant ne sera ni de droite ni de gauche, ni centriste. « Ceci est un gouvernement du peuple d’Israël tout entier. »

« J’ai eu une très bonne conversation avec le Premier ministre, au cours de laquelle je lui ai dit que HaBayit HaYehudi soutenait un gouvernement dirigé par lui », a dit Bennett. « Les partis continueront à travailler ce soir afin de parvenir à des accords », puisqu’un accord formel n’avait pas encore été signé.

Yuli Edelstein, le président de la Knesset, a déclaré que le processus de formation du gouvernement n’a pas été « parsemé de roses, mais ce soir, nous sommes pleins d’espoir pour promouvoir Israël en ce qui concerne la sécurité, l’économie et dans d’autres domaines ».