Le chef de l’Union sioniste, battu, a accusé samedi le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’avoir « recouru au racisme » pendant sa campagne qui l’a mené à sa victoire aux élections de mardi dernier.

Isaac Herzog, de l’Union sioniste qui a remporté 24 sièges, a déclaré que Netanyahu, dont le parti Likud a remporté 30 sièges et formera la prochaine coalition, « a recouru aux mensonges, aux provocations et au racisme » pour assurer sa victoire.

Herzog faisait allusion à la déclaration de Netanyahou le jour du scrutin, selon laquelle les Arabes votaient « en masse ». Le Premier ministre avait alors incité ses partisans à se déplacer, afin d’empêcher Herzog, la gauche israélienne et les Arabes israéliens de prendre le pouvoir.

Herzog a soutenu que M. Netanyahu avait humilié et blessé la communauté arabe d’Israël, et devait désormais lui tendre la main et déployer de véritables efforts pour réparer les dommages. « Il a utilisé le langage le plus faux et le plus raciste possible, et cela a fonctionné », a regretté Herzog avec amertume.

Le commentaire de Netanyahu sur les Arabes israéliens a suscité de fortes critiques à Washington, mais aussi, notamment, de la part de certains des rivaux israéliens de Netanyahu, ainsi que des leaders réformistes et conservateurs américains.

Dans une interview avec la Deuxième chaîne, Herzog a précisé que l’Union sioniste, dirigée par les travaillistes, ne siègera pas dans la nouvelle coalition. « Je serai le chef de l’opposition » a affirmé Herzog. Il a également ajouté qu’il espérait encore et croyait qu’il serait Premier ministre d’Israël à l’avenir.

Netanyahu « ment au public encore et encore … et draine des toxines » a encore accusé Herzog.

Le dirigeant de l’Union sioniste a déclaré que la coalition de droite entrante « conduira à une impasse » pour Israël, et que « peut-être le public reprendra ses esprits » la prochaine fois.

Herzog a raconté que les propres sondages de son parti montraient, jusque midi le jour du scrutin, qu’il menait la course avec cinq sièges d’avance sur le Likud de Netanyahu.

Même lorsque les sondages de sortie des urnes menés par la télévision ont montré que les deux parties étaient à égalité, il pensait encore être en mesure de former une coalition. C’est seulement pendant la nuit de mardi à mercredi que le décompte des voix réelles a mis en évidence de façon incontestable la nette avance de Netanyahu.

Benjamin et Sara Netanyahu au QG électoral du Likud à Tel Aviv, la nuit du 17 au 18 mars 2015 (Crédit : Miriam Alster/Flash 90)

Benjamin et Sara Netanyahu au QG électoral du Likud à Tel Aviv, la nuit du 17 au 18 mars 2015 (Crédit : Miriam Alster/Flash 90)

« Qui sait quel prix Israël paiera » pour les tactiques électorales de Netanyahu, a ajouté Herzog, faisant certainement allusion au rejet lundi dernier de Netanyahu de l’idée d’un Etat palestinien.

Il est revenu sur cette déclaration jeudi mais les États-Unis avaient mis en garde contre une réévaluation de leur position sur le conflit palestinien et sur le soutien à Israël quant à la question palestinienne à l’ONU.

Plus tôt samedi, Shelly Yachimovich, auquel Herzog a succédé à la tête du parti travailliste, a déclaré que le parti aurait besoin de réfléchir sur sa place dans la société israélienne s’il veut revenir aux commandes du pays.

Les travaillistes n’ont pas été à la tête du gouvernement depuis qu’Ehud Barak a été vaincu aux législatives de 2001.

Justin Jalil a contribué à cet article.