Le leader de l’opposition et président du Parti travailliste, Isaac Herzog, a critiqué la reconnaissance du gouvernement palestinien d’union nationale cette semaine par les Etats-Unis et l’Union européenne suite à, selon lui, « l’effondrement complet de la politique étrangère israélienne » dirigée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman.

Herzog a déclaré que les événements de ces derniers jours, dans lequel les États-Unis, l’UE et l’ONU ont accepté la nouvelle direction palestinienne, constituaient une preuve que « Netanyahu et Liberman ont échoué à comprendre la scène internationale ».

« Netanyahu parle [mais] le monde ne l’écoute pas », a déclaré Herzog ajoutant que l’échec du Premier ministre pour diriger un processus diplomatique « permet au Hamas en Cisjordanie de rentrer par la grande porte ».

Herzog a averti que si Netanyahu n’agit pas sur le front diplomatique, « Israël va perdre le soutien de la communauté internationale et à la fois la capacité de préserver [Israël] comme un Etat juif et démocratique ».

Le leader de l’opposition a appelé le Premier ministre à proposer un véritable plan pour éviter à Israël de devenir un Etat binational avec une minorité juive.

« L’homme qui se décrit comme un homme fort face au Hamas se révèle comme étant fort rien que pour parler », a écrit Herzog mercredi dans un post sur Facebook.

Israël a fustigé les Etats-Unis sur sa position, faisant valoir que, en maintenant des liens avec un gouvernement soutenu par un groupe terroriste, les Etats-Unis indiquaient au président de l’AP Mahmoud Abbas qu’il était acceptable de « former un gouvernement avec un groupe terroriste ».

« Je suis très préoccupé par l’annonce que les États-Unis travailleront avec le gouvernement palestinien soutenu par le Hamas », a déclaré Netanyahu, précisant que le mouvement a assassiné « d’innombrables civils innocents ».

« Tous ceux qui cherchent véritablement la paix doivent condamner l’étreinte du président Abbas au Hamas, et surtout, je pense que les États-Unis doivent faire savoir très clairement au président palestinien que son pacte avec le Hamas, une organisation terroriste qui vise la liquidation d’Israël, est tout simplement inacceptable », a-t-il affirmé.

Plus tôt mercredi, le Secrétaire d’Etat américain John Kerry a défendu mercredi la décision américaine de travailler avec le nouveau gouvernement palestinien d’union nationale, malgré les critiques d’Israël, soulignant que la nouvelle direction palestinienne ne comportait pas de ministres du Hamas.

S’adressant à des journalistes à Beyrouth, Kerry a déclaré que Mahmoud Abbas « s’était engagé pour que ce nouveau gouvernement technocratique soit attaché aux principes de la non-violence, aux négociations, à la reconnaissance de l’Etat d’Israël, à l’acceptation des accords précédents et aux principes du Quartet ».

« Au vu de ce que nous savons maintenant sur la composition de ce gouvernement technocratique, qui n’a pas de ministre affiliés au Hamas et qui est attaché aux principes que j’ai décrit, nous allons travailler avec lui de la meilleure manière possible ».

En visite imprévue à Beyrouth, Kerry a dit : « Je veux faire en sorte que nous suivions (le gouvernement) de très près, comme nous l’avons dit dès le premier jour, pour garantir qu’il respecte chacun de ces points, et qu’il ne traverse pas la ligne rouge ».