Washington – Hillary Clinton, l’ancienne secrétaire d’Etat et probable candidate démocrate à la Maison Blanche, a tenu des propos durs sur l’Iran mercredi matin en déclarant « qu’aucun accord valait mieux qu’un mauvais accord » et en exprimant son scepticisme concernant les chances que les négociations actuelles puissent porter leurs fruits.

Clinton, dans son discours lors d’une séance plénière du Forum Global du Comité juif Américain, s’est positionnée en faveur de la mise en place d’un régime de sanctions dures contre Téhéran en posant les fondations pour les négociations actuelles sur un accord nucléaire global.

« Quand j’ai quitté mes fonctions, nous étions en position d’explorer réellement si nous avions pris les bonnes mesures, a déclaré Clinton en évoquant le travail réalisé entre 2008 et 2012 en renforçant le régime des sanctions, en ‘revitalisant’ la coopération avec les autres grandes puissances, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, et en « établissant des liens bilatéraux ».

Elle a donné une évaluation peu réjouissante des actions récentes de l’Iran et a incité le négociateur américain à prendre une position ferme lors des négociations qui ont lieu cette semaine à Genève.

« Nous arrivons à un moment crucial, explique Clinton, en ajoutant que le progrès du programme nucléaire iranien a peut être été arrêté, mais qu’il n’est pas démantelé. Téhéran n’a pas encore respecté ses obligations et n’a pas répondu aux préoccupations de la communauté internationale. »

Elle a souligné que les Etats-Unis et leurs alliés « doivent être durs, clairvoyants, prêts à quitter les négociations et à augmenter la pression en cas de besoin ». Ella a insisté sur le fait « qu’aucun accord valait mieux qu’un mauvais accord. »

Clinton a déclaré qu’elle était personnellement « sceptique que les Iraniens poursuivront le dialogue et proposeront » une solution satisfaisante, mais, malgré ses appréhensions, elle a expliqué que les pourparlers actuels constituent « un développement prometteur, et que nous devons les tester afin de voir ce qu’il peut en sortir. »

Si les pourparlers devaient échouer, « la responsabilité serait sur les Iraniens » et « il serait possible de remettre en place les sanctions paralysantes dans le futur. » Pourtant, même si l’on parvient à un accord, a-t-elle déclaré, « le soutien de l’Iran au terrorisme et son comportement agressif dans la région resteront une menace pour nous et nos alliés. »

Clinton a également évoqué son ancienne implication dans les tentatives de Washington de négocier un accord de paix entre Israël et la Palestine. Elle a rappelé les efforts de son mari, le président Bill Clinton, qui a permis les Accords d’Oslo et le traité de paix entre Israël et la Jordanie.

L’un des rôles fondamentaux de l’Amérique, a-t-elle expliqué, était « d’aider les dirigeants à créer un espace politique à la négociation » et de « convaincre tout le monde que le statu quo actuel n’était pas tenable pour les deux parties. »

Ce dernier élément a été à l’origine des tensions avec le Secrétaire d’Etat John Kerry qui a fait face à de vives protestations israéliennes après son avertissement qu’en l’absence d’une solution à deux états, Israël deviendrait un état apartheid.

En décrivant la récente réconciliation du Hamas avec le Fatah comme « problématique », Clinton a déclaré que les dirigeants islamiques de la bande de Gaza « doivent rejeter la violence, respecter leurs accords précédents et accepter le droit d’Israël à exister. »

« Si ce n’est pas le cas, a-t-elle averti, ils resteront des parias ».

Ce pacte de réconciliation a soulevé des questions au cours des dernières semaines à Washington. Il s’agit de savoir si les Etats-Unis peuvent continuer à financer l’Autorité palestinienne si elle forme un gouvernement d’unité nationale avec le Hamas que Washington considère comme une organisation terroriste.