Hillary Clinton, l’ex-secrétaire d’Etat de Barack Obama et possible candidate à la présidentielle de 2016, a fermement condamné mardi la lettre ouverte de sénateurs républicains adressée aux dirigeants iraniens au sujet de l’accord sur le nucléaire iranien.

Le gouvernement américain, engagé dans la dernière ligne droite des négociations avec l’Iran sur son programme nucléaire, a également dénoncé ce courrier rendu public lundi et qui a provoqué une polémique entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif aux Etats-Unis.

« La récente lettre de sénateurs républicains s’est écartée des meilleures traditions de l’administration américaine et on doit s’interroger sur l’objectif de cette lettre », a déclaré Mme Clinton, lors d’une conférence de presse au siège de l’ONU.

Deux « réponses logiques » à cette question, a-t-elle poursuivi: « Soit ces sénateurs tentaient d’aider les Iraniens, soit de nuire au commandant en chef dans un dossier diplomatique international aux enjeux élevés ».

Selon elle, « quelle que soit la réponse, elle discrédite les signataires de cette lettre ».

Dans une lettre ouverte adressée lundi aux « dirigeants de la République islamique d’Iran », 47 des 54 sénateurs républicains, très sceptiques au sujet des négociations internationales, ont prévenu les Iraniens que le Congrès disposait, seul, du pouvoir de lever définitivement les sanctions américaines, adoptées sous la forme de lois ces dernières années.

Implicitement, ils ont signalé ainsi leur opposition à un éventuel accord politique entre le groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne) et l’Iran, dont les contours se dessinent à trois semaines de l’échéance de fin mars fixée par les négociateurs.

« Le président et son équipe sont engagés dans d’intenses négociations. Leur objectif est de parvenir à une solution diplomatique qui barrerait la route de l’Iran vers la bombe nucléaire et nous donnerait un accès et un aperçu sans précédent du programme nucléaire iranien », a relevé Mme Clinton.

« Les personnes raisonnables peuvent ne pas être d’accord avec ce qui sera vraiment nécessaire pour parvenir à cet objectif, et nous devrons juger tout accord final au mérite », a-t-elle souligné.

Le gouvernement américain démocrate est également vent debout depuis lundi contre l’initiative des sénateurs républicains.

« Ce type de lettre, signée par 47 membres du Sénat, est nuisible à la sécurité nationale américaine parce qu’elle fait entrer ces membres au milieu de négociations très sensibles, des négociations qui se tiennent historiquement –pas seulement depuis des décennies mais depuis des siècles– entre le président, le pouvoir exécutif et des Etats étrangers », a fait valoir Jennifer Psaki, porte-parole de la diplomatie américaine.