François Hollande se rend dimanche après-midi à l’ambassade du Danemark à Paris pour « affirmer la solidarité de la France au peuple danois ainsi qu’aux victimes » des attentats de Copenhague, a-t-on appris dimanche auprès de la présidence française.

Le président français va notamment s’entretenir avec l’ambassadeur du Danemark en France, au lendemain des deux fusillades de Copenhague, survenues lors d’un débat sur la liberté d’expression et près de la grande synagogue de la capitale danoise, et qui ont fait deux morts et cinq blessés.

Le ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a affirmé dimanche à Copenhague « la détermination à combattre ensemble, au sein de l’Union européenne, le terrorisme », après les deux attaques contre un centre culturel et près d’une synagogue dans la capitale danoise.

« Nous sommes ensemble dans cette épreuve au côté de nos amis danois pour dire notre solidarité, pour dire l’importance du risque qui existe encore au sein de l’UE et notre détermination à combattre ensemble, au sein de l’UE, le terrorisme », a déclaré le ministre, accompagné de l’ambassadeur de la France au Danemark François Zimeray, présent samedi lors de l’attaque du centre culturel Krudttønden.

Tout en soulignant le fait qu’il existait « des échanges réguliers entre nos services de renseignement » afin de « mettre hors d’état de nuire ceux qui traversent l’espace européen après être revenus du théâtre des opérations terroristes », il a estimé que cette coopération « doit s’intensifier ».

« Il faut que nous puissions nous doter des outils dont nous avons besoin », a-t-il dit, évoquant notamment la sécurité dans les aéroports afin d' »établir la traçabilité du parcours des combattants étrangers », et prônant la mise en place du PNR (Passager Name record) « notamment au sein de l’Union européenne ».

Le ministre, qui a déposé une rose blanche devant le centre, a expliqué qu’il était « important – le président de la République l’a souhaité – que nous puissions matérialiser, manifester cette solidarité ce matin dans un pays qui a connu un drame hier », rappelant que sa « collègue danoise » s’était « immédiatement rendue à Paris » après les attentats de janvier.

Le ministre de l’Intérieur s’est entretenu avec la ministre de la Justice danoise devant le centre culturel, avant de se rendre à la synagogue, où une deuxième fusillade avait éclaté peu après minuit, tuant un jeune homme juif. Bernard Cazeneuve a ensuite rencontré le ministre danois de la Défense à l’ambassade de France.

François Zimeray : Sans la police danoise, « je ne serais plus là »

« Si la police danoise n’avait pas réussi son travail (…) je ne serais plus là aujourd’hui ». L’ambassadeur de France au Danemark, présent lors de la fusillade contre un centre culturel de Copenhague qui a fait un mort, assure dimanche que tous les participants étaient pris pour « cible ».

« Probablement si la police danoise n’avait pas réussi son travail, cinq policiers sont blessés, je ne serais plus là aujourd’hui », a déclaré François Zimeray, au côté du ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve venu se recueillir à la mi-journée devant le centre culturel Krudttønden.

« Quand vous voyez les rafales et que vous entendez le mitraillage, je crois que nous avons tous été pris pour cibles, c’est indiscutable, il n’y avait pas de volonté de discriminer les cibles », a poursuivi l’ambassadeur.

François Zimeray participait alors à un débat dans un centre culturel de la capitale danoise, consacré à l’islamisme et la liberté d’expression.

Cette réunion était organisée à peine plus d’un mois après les attaques jihadistes à Paris qui ont fait 17 morts: au siège du journal satirique Charlie Hebdo, deux policiers et quatre Juifs dans un supermarché casher.

Revenant sur ce qu’il a ressenti lors de l’attaque, il a expliqué que « dans ces moments-là, vous pensez que c’est fini, vous n’avez pas d’émotion ».

« Vous ne pensez pas à autre chose qu’à essayer de comprendre ce qui se passe et ce que je comprenais à ce moment-là, c’est qu’il était en train de se passer ce qui avait dû se passer à Paris », a expliqué le diplomate à des journalistes.

Pour lui, il était « normal que l’ambassadeur de France, après Charlie et après la manifestation de solidarité très forte du peuple danois vis-à-vis de la France », « participe à ce débat ».

« Je suis arrivé sans protection tout seul en vélo et je suis reparti en véhicule blindé après, et au fond c’est le symbole de ce basculement », a-t-il également analysé.

Samedi vers 15H00 GMT, un homme a criblé de balles le centre culturel où se tenait le débat, faisant un mort dans l’assistance, un homme âgé de 55 ans, et blessant trois policiers. Il a ensuite tiré vers minuit sur une synagogue de Copenhague, blessant mortellement un jeune homme juif, avant d’être abattu par la police dimanche matin.