Le président français François Hollande aurait convié le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à se rencontrer à Paris en marge de la conférence pour la paix prévue le 21 décembre, selon un article du quotidien Le Monde.

La France s’est investie dans une initiative destinée à ressusciter les négociations de paix, somme toutes moribondes, entre Israéliens et Palestiniens.

Les Palestiniens ont accueilli cette initiative, mais Israël est resté sceptique quand à l’efficacité de cette initiative. En effet, Israël soutient que seules des négociations bilatérales se révéleront efficaces.

Un responsable israélien a déclaré mercredi que Jérusalem avait rejeté une proposition française pour un sommet de paix entre Netanyahu et Abbas, a annoncé le quotidien Haaretz.

Selon Haaretz, Israël a déclaré à la France que puisqu’il ne participait pas à la conférence de paix, il ne prendrait pas non plus part à une réunion en coulisse, a déclaré le responsable.

Le responsable est cité accusant Paris de tenter de manigancer une participation israélienne à la conférence. Il a déclaré qu’Israël était ouvert à des négociations directes sans conditions préliminaires et qui ne s’inscrivent pas dans le cadre du sommet. « Si les Français veulent accueillir [un sommet de paix], pourquoi ne nous invitent-ils pas un jour avant la réunion des ministres étrangers, ou un mois après ? », a demandé le responsable.

Le président français François Hollande et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l'Elysée, le 11 janvier 2011. (Crédit : Matthieu Alexandre/AFP)

Le président français François Hollande et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’Elysée, le 11 janvier 2011. (Crédit : Matthieu Alexandre/AFP)

Mercredi, Netanyahu a appelé Hollande, pour lui dire qu’il ne viendrait pas à Paris pour des négociations directes avec Abbas.

Selon le communiqué du bureau du Premier ministre, Netanyahu a dit à Hollande qu’il était opposé à des discussions organisées pour coïncider avec le sommet, qu’Israël a rejeté, affirmant préférer des négociations directes.

« Netanyahu a dit à Hollande qu’il s’il n’y a pas de conférence internationale à Paris, le Premier ministre rencontrera Abbas pour des négociations directes sans condition préliminaire, est-il écrit dans le communiqué. Israël ne participera pas à la conférence internationale, qui ne contribuera pas à apporter la paix. »

Abbas et les ministres des Affaires étrangères de presque deux douzaines de pays devraient se rassembler à Paris le 21 décembre pour tenter de relancer les efforts de paix.

Le porte-parole de la présidence de l’AP a cependant annoncé mercredi qu’Abbas n’avait pas été invité à des négociations directes avec Netanyahu.

Nabil Abu Rudeineh (à gauche), porte-parole du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, accueille le chef de l'opposition israélienne, Isaac Herzog (au centre), au siège de l'AP à Ramallah, en Cisjordanie, le 19 août 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Nabil Abu Rudeineh (à gauche), porte-parole du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, accueille le chef de l’opposition israélienne, Isaac Herzog (au centre), au siège de l’AP à Ramallah, en Cisjordanie, le 19 août 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

« Les Palestiniens n’ont reçu ni invitation officielle pour participer à la conférence de paix internationale organisée par la France, ni pour toute autre rencontre », a déclaré Nabil Abu Rudeineh, selon Wafa, l’agence de presse officielle de l’AP.

Il a toutefois ajouté que Ramallah soutenait les efforts de paix français.

Netanyahu a déclaré à plusieurs reprises qu’il était prêt à rencontrer Abbas n’importe quand et n’importe où. Cependant, un diplomate israélien, dont l’identité n’a pas été révélée, à confier au Monde qu’il pensait que Netanyahu déclinerait l’invitation sans en faire « toute une histoire ». Il a expliqué qu’il n’y aurait aucun sens à la rencontre, à la veille de l’investiture du président élu Donald Trump, apparemment pro-Israël.

Abbas a également exprimé sa disponibilité à rencontrer Netanyahu, sans les conditions préalables, d’un gel total des constructions dans les implantations, et la libération des prisonniers palestiniens qui avait été promis lors de précédentes négociations.

En septembre, Abbas avait déclaré qu’il était prêt à rencontrer Netanyahu à Moscou, alors que le chef d’État israélien avait demandé à ce que la rencontre soit repoussée.

Le président français François Hollande (au centre), le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon (au centre, à gauche), le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault (au centre, à droite), le secrétaire d'Etat américain John Kerry (4° à droite), la responsable des Affaires étrangères de l'UE Federica Mogherini (3° à droite) et des responsables pour la photo de groupe de la conférence sur l'initiative pour la paix au proche Orient, organisée à Paris le 3 juin 2016. (Crédit : AFP Photo/Pool/Kamil Zihnioglu)

Le président français François Hollande (au centre), le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon (au centre, à gauche), le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault (au centre, à droite), le secrétaire d’Etat américain John Kerry (4° à droite), la responsable des Affaires étrangères de l’UE Federica Mogherini (3° à droite) et des responsables pour la photo de groupe de la conférence sur l’initiative pour la paix au proche Orient, organisée à Paris le 3 juin 2016. (Crédit : AFP Photo/Pool/Kamil Zihnioglu)

Depuis que l’initiative pour la paix au Proche-Orient a été lancée officiellement en juin à Paris, trois groupes ont été chargés d’étudier des pistes qui pourraient catalyser le processus de paix. Un groupe a envisagé la construction des institutions nécessaires à l’établissement d’un État palestinien, un second a étudié les avantages économiques que la paix impliquerait pour toutes les parties impliquées, et notamment pour l’Union européenne, et le troisième a travaillé sur l’intensification de la participation de la société civile au processus, explique Le Monde.

Les propositions des trois groupes seront étudiées lors du sommet, poursuit l’article.

Paris serait également en train d’examiner les différentes pistes pour communiquer les résultats de ces études aux dirigeants israéliens et palestiniens, en marge du sommet de décembre, ou en envoyant une délégation à Ramallah et à Jérusalem.

Un haut fonctionnaire de l’administration israélienne a confirmé mercredi au quotidien Haaretz qu’Hollande a convié Abbas et Netanyahu à se rencontrer à Paris dans deux semaines.

Début novembre, les adjoints de Netanyahu ont rencontré Pierre Vimont, délégué pour la conférence, et l’ont informé qu’Israël ne participera pas au sommet.

Yaakov Nagel, conseiller à la Sécurité nationale par intérim et Yitzhak Molcho, conseiller de Netanyahu ont expliqué au diplomate français « de façon catégorique et univoque » que le réel progrès et un accord de paix durable ne pourrait émerger que de négociations bilatérales entre Israël et l’AP, selon un communiqué du bureau du Premier ministre.

L'envoyé français au Moyen Orient Pierre Vimont et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah, en Cisjordanie, le 15 mars 2016. (Crédit : AFP/Abbas Momani)

L’envoyé français au Moyen Orient Pierre Vimont et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah, en Cisjordanie, le 15 mars 2016. (Crédit : AFP/Abbas Momani)

« Toutes les autres initiatives éloignent la paix dans la région », poursuit le communiqué. « Le représentant français a été informé qu’Israël ne participera à aucune conférence internationale qui s’oppose à ses positions. »

L’initiative française « porte préjudice aux possibilités de faire avancer le processus de paix », insiste le communiqué, soutenant qu’Abbas refusera ensuite de revenir à des négociations bilatérales sans préconditions.

La France est consciente qu’il est actuellement impossible de rassemble Israël et l’AP dans des négociations honnêtes, et encore mois d’atteindre un accord de paix, a déclaré Paris. La conférence internationale proposée n’a pas vocation à forcer l’une des parties à compromettre, ni mettre au point le cadre d’un futur accord.

L’un de ses buts est plutôt que les deux parties et les acteurs régionaux et internationaux de ce conflit réitère leur engagement à la solution à 2 États.

La dernière initiative, américaine, a avorté en avril 2014 après la suspension des négociations de paix israélo-palestiniennes tant les divergences étaient profondes entre les deux protagonistes.

Une grande partie de la communauté internationale s’inquiète à présent qu’il faille bientôt renoncer à la création d’un état palestinien indépendant (« solution à deux états »), au cœur des grands projets de règlement de l’un des plus vieux conflits de la planète.

La direction palestinienne a constamment adhéré à l’initiative française lancée début 2016. Le gouvernement israélien l’a en revanche toujours rejetée, refusant ce qu’il appelle les diktats internationaux et affirmant que la solution devait être négociée directement entre les deux parties.

Raphael Ahren et l’AFP ont contribué à cet article.