Le président François Hollande a déclaré lundi que la visite du ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius mercredi en Iran serait un test pour Téhéran après la conclusion de l’accord historique sur le programme nucléaire iranien.

« Fabius, c’est la France (…) La manière dont il sera accueilli sera pour nous une évaluation du comportement de l’Iran », a affirmé M. Hollande lors d’un dîner à Paris avec la presse présidentielle.

Le président faisait ainsi une allusion claire aux attaques personnelles dont le chef de la diplomatie française a fait récemment l’objet de la part de conservateurs iraniens, très critiques sur sa ligne ferme dans les négociations ayant abouti à l’accord de Vienne.

M. Hollande a aussi insisté sur le rôle que l’Iran doit avoir dans l’établissement de la paix au Proche-Orient et au Moyen-Orient. « Nous attendons du président (iranien Hassan) Rouhani qu’il fasse la preuve que maintenant l’Iran peut faciliter le règlement de graves crises qui endeuillent la région, notamment la Syrie », a-t-il dit.

Selon M. Hollande, « l’Iran doit être un pays qui apporte des solutions et parmi les solutions (à trouver) il y a la question libanaise, mais aussi la Syrie, le Yémen, Bahreïn ».

Il a indiqué qu’il irait au Liban « sans doute dans les prochains mois », émettant le souhait « qu’une élection présidentielle puisse enfin se tenir » dans ce pays.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a entériné l’accord nucléaire signé par l’Iran et les grandes puissances, ouvrant la voie à la levée des sanctions internationales qui pesaient depuis 2006 sur la République islamique. Cette perspective attise les appétits économiques des Occidentaux pour le marché iranien.

Considéré comme un faucon durant les négociations sur le nucléaire, Laurent Fabius a récusé que cette fermeté puisse jouer contre les entreprises françaises à l’heure de reprendre pied sur le marché iranien.

Avec près de 80 millions d’habitants, le marché iranien présente un intérêt majeur pour les grandes entreprises françaises, comme les constructeurs automobiles PSA Peugeot Citroën et Renault, et le géant pétrolier Total.

Sous l’effet des sanctions visant la République islamique, la France a vu ses échanges commerciaux avec l’Iran chuter à 500 millions d’euros en 2013, un niveau huit fois inférieur à celui enregistré en 2004, d’après un rapport du Sénat français.