Les principaux dirigeants du monde ont rendu vendredi un hommage appuyé au roi Abdallah d’Arabie saoudite, décédé vendredi, saluant un homme « courageux » et un « défenseur de la paix au Moyen-Orient ».

« Nos pays ont travaillé ensemble à relever de nombreux défis et j’ai toujours (…) apprécié notre amitié véritable et chaleureuse », a déclaré le président américain Barack Obama, dont le pays, durant les 10 années de règne d’Abdallah, est resté un allié politique et économique de l’Arabie.

« Le roi défunt était connu comme un homme politique sage et un dirigeant qui jouissait de l’amour et du respect de ses sujets et avait une autorité tout à fait méritée sur la scène internationale », a indiqué pour sa part le président russe Vladimir Poutine.

L’Iran chiite, dont les relations avec le rival régional saoudien ont été très tendues ces dernières années, a présenté ses condoléances et annoncé que son chef de la diplomatie, Mohammad Javad Zarif, se rendrait à Ryad samedi.

Le Premier ministre canadien Stephen Harper a salué « un ardent défenseur de la paix au Moyen-Orient » et son homologue australien Tony Abbott un « architecte-clé du développement économique et politique du royaume ».

‘Défenseur de la paix’

Pour le président français François Hollande, la vision d’Abdallah « d’une paix juste et durable au Moyen-Orient reste plus que jamais d’actualité », en référence aux nombreux conflits qui agitent la région, comme en Syrie.

Le Premier ministre britannique David Cameron a lui affirmé que le souvenir du roi Abdallah serait marqué par « son engagement en faveur de la paix et du renforcement de la compréhension entre les religions ».

Au Moyen-Orient, le Liban, qui entretient des relations étroites avec Ryad, a dit avoir perdu un « défenseur et un partenaire » qui s’est tenu aux côtés de Beyrouth « dans les moments difficiles ». « Les Arabes et les musulmans ont perdu un roi courageux », a déclaré le Premier ministre Tammam Salam.

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a vu dans le roi quelqu’un « qui a veillé avec constance à appuyer les causes de la justice, de la paix et du développement dans le monde arabe et musulman et dans le monde ».

Son pays, comme l’Algérie, a déclaré trois jours de deuil et l’Egypte sept.

Ce décès « est non seulement une perte pour l’Arabie saoudite mais également pour le Maroc et la nation islamique tout entière », a affirmé le roi Mohammed VI.

Plusieurs dirigeants ont écourté ou annulé des visites ou des réunions pour se rendre aux funérailles.

C’est le cas du roi de Jordanie Abdallah II qui a quitté de manière anticipé Davos, en Suisse, où il participait au Forum économique mondial, selon les organisateurs. Son pays a déclaré 40 jours de deuil.

Le président israélien Reuven Rivlin a salué un « dirigeant exemplaire par son jugement solide, réfléchi et responsable ».

Brassards noirs

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a lui décidé de reporter sa visite prévue en Somalie pour assister aux obsèques, selon des médias turcs.

Lors de la Coupe d’Asie des nations de football à Sydney, les joueurs des Emirats arabes unis, qui affrontaient le Japon, portaient des brassards noirs.

L’Indonésie a rendu hommage à un homme « qui a apporté des réformes et la prospérité à sa nation, un défenseur de l’unité arabe dans une région souvent divisée, et une voix forte pour la paix ».

Le Premier ministre malaisien Rajib Razak a salué un « grand leader pour son initiative d’un dialogue inter-religieux ».

Le Japon et la Chine ont aussi vanté son rôle pour la paix régionale et la stabilité du Moyen-Orient.

A Tokyo, où le secrétaire général et porte-parole du gouvernement Yoshihide Suga a vanté le rôle « significatif joué pour longtemps (par le roi) pour la paix et la stabilité de l’Arabie saoudite, de la communauté islamique et du monde ».

Le Premier ministre indien Narendra Modi s’est déclaré « attristé » et a rappelé dans un tweet s’être informé il y a quelques jours de la santé du roi auprès de son successeur au palais royal, Salman Ben Abdel Aziz.

« Avec le roi Abdallah, nous avons perdu une voix importante qui a marqué son pays d’un impact durable », a ajouté Modi.

Au milieu de cette pluie d’hommage, Amnesty International a dénoncé les « nombreux pays occidentaux » qui ont « protégé » l’Arabie et son régime « insensible aux droits de l’Homme ».

La cause de cette bienveillance vis-à-vis de Ryad réside selon le secrétaire général d’Amnesty International Salil Shetty dans le fait que le royaume est une puissance pétrolière et parce que le régime saoudien est « vu comme des alliés dans la lutte contre le terrorisme ».

L’ONG a donné l’exemple du cas du blogueur Raef Badaoui, condamné pour « insulte à l’islam » à dix ans de prison et 1 000 coups de fouet, une punition « médiévale », pour Amnesty.