L’ADL (Anti-Defamation League) a vivement recommandé aux autorités polonaises d’ouvrir une enquête et de passer à l’action contre un hôtel affichant un panneau qui spécifie que les Juifs y sont interdits.

« L’entrée est interdite aux Juifs, aux communistes, et à tous les voleurs et traîtres de la Pologne », dit le grand panneau rouge qui a été récemment photographié par les médias polonais et qui a été accroché aux abords d’un hôtel de Cesarzowice, à proximité de la ville de Wroclaw, dans l’ouest de la Pologne.

« L’ADL recommande vivement aux autorités polonaises d’enquêter sur la bannière illégale et antisémite placée à l’hôtel et de prendre les mesures appropriées contre les responsables », a dit l’organisation juive dans un communiqué.

Wroclaw avait attiré l’attention au mois de novembre 2015 lorsque Piotr Rybak, leader du Camp radical national extrémiste, avait brûlé l’effigie d’un juif orthodoxe lors d’une manifestation anti-immigration organisée sur l’une des places principales de la ville.

Les manifestants anti-réfugiés brûlent l’effigie d’un Juif orthodoxe lors d’une manifestation à Wroclaw le 18 novembre 2015 (Crédit : Capture d’écran Gazeta Wyborcza)

Le Camp radical national était également l’un des co-organisateurs et leaders d’une marche de 60 000 personnes qui avait été organisée le 11 novembre – Journée d’indépendance de la Pologne – et qui avait compris des bannières comportant les slogans « Europe blanche » et « Sang propre ».

Le camp radical national est un descendant direct d’un mouvement politique antisémite des années 1930 dans le pays, qui utilisait le même drapeau vert, les mêmes symboles et qui prônait une Pologne ethniquement et religieusement homogène.

Un article paru en Pologne a spécifié que Rybak est le propriétaire de l’hôtel « Dom Polski », où le panneau a été vu.

Mais Rybak est actuellement emprisonné.

Des manifestants brûlent des torches et brandissent des drapeaux polonais durant une marche annuelle de commémoration de la Journée nationale de l’Indépendance à Varsovie, le 11 novembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / JANEK )

Après de multiples appels, sa sanction pour incitation à la haine – après qu’il a brûlé l’effigie – a été réduite le mois dernier à une assignation à domicile partielle pendant trois mois, soumise également à une obligation de bon comportement.

Mais au cours d’une marche moins importante qui a eu lieu lors de la Journée de l’Indépendance à Wroclaw, le 11 novembre de cette année, Rybak et un prêtre antisémite de triste mémoire, Jacek Międlar, ont été vus en train de scander des slogans antisémites. Un magistrat a ordonné le jour suivant l’arrestation de Rybak.