Israël a potentiellement commis des crimes de guerre lors du dernier conflit à Gaza, a estimé jeudi Human Rights Watch, au lendemain de l’annonce par l’armée israélienne de l’ouverture d’enquêtes criminelles internes sur cinq affaires qui se sont déroulées durant cette guerre.

HRW a enquêté sur trois incidents lors desquels Israël a causé « la mort de nombreux civils en violation du droit de la guerre », a annoncé jeudi un communiqué de l’organisation de défense des droits de l’Homme.

Ces enquêtes concernent les bombardements les 24 et 30 juillet de deux écoles de l’ONU dans le nord de la bande de Gaza, qui abritaient des déplacés palestiniens ayant fui les combats et constituaient des caches d’armes du groupe terroriste du Hamas, au pouvoir à Gaza. La troisième concerne le tir d’un missile téléguidé le 3 août sur une troisième école à Rafah (sud).

Ces attaques avaient fait 45 morts dont 17 enfants, selon HRW.

« Les deux premières attaques (…) ne concernaient pas des cibles militaires ou étaient sinon des attaques illégalement disproportionnées. La troisième attaque à Rafah était, si ce n’est disproportionnée, alors inconsidérée », indique le communiqué.

« Ces attaques illégales pratiquées intentionnellement, donc délibérément et imprudemment, sont des crimes de guerre », ajoute HRW.

L’une de ces cinq enquêtes ouvertes par l’armée concerne un incident examiné par HRW, le bombardement du 24 juillet d’une école de l’ONU au nord de l’enclave.

Les quatre autres concernent le bombardement sur une plage au nord de Gaza ayant coûté la vie à quatre enfants, la mort d’une femme devant sa maison alors qu’elle avait coordonné son départ de chez elle avec l’armée israélienne, des maltraitances sur un prisonnier et des vols commis par un soldat dans une maison palestinienne.

« Israël a un long passif d’échecs en ce qui concerne des enquêtes crédibles sur ses crimes de guerre », a estimé HRW.

L’Autorité palestinienne menace de porter plainte contre Israël pour crimes de guerre auprès de la Cour Pénale Internationale.

Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a créé une commission chargée d’enquêter sur « toutes les violations de la loi humanitaire internationale et des lois internationales sur les droits de l’Homme » dans les Territoires palestiniens, « en particulier dans la bande de Gaza occupée » pendant la guerre.