Le groupe de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch a accusé jeudi la Jordanie de refuser l’entrée ou d’expulser des réfugiés palestiniens ayant fui les violences en Syrie, au mépris de ses obligations internationales.

Dans un rapport rendu public lors d’une conférence de presse à Amman, HRW affirme que la Jordanie a officiellement interdit l’entrée des Palestiniens de Syrie depuis janvier 2013 et forcé au départ plus d’une centaine étant parvenus à entrer dans le royaume depuis mi-2012, dont des femmes et des enfants.

L’organisation, basée à New York, souligne la différence de traitement infligée aux Palestiniens par rapport aux citoyens syriens, dont plus de 600 000 ont trouvé refuge en Jordanie depuis le début du conflit dans leur pays en mars 2011.

« Les réfugiés palestiniens font face aux mêmes violences, meurtres et destructions qui poussent les citoyens syriens à fuir dans différents pays », a souligné le chercheur de HRW Adam Coogle lors de la conférence de presse.

L’étude, intitulée « Pas les bienvenus : le traitement infligé par la Jordanie aux Palestiniens fuyant la Syrie », est basée sur des entretiens avec plus de 30 Palestiniens victimes de la politique jordanienne, a-t-il expliqué.

Selon le rapport, la plupart des pays voisins de la Syrie ont aussi imposé des restrictions d’entrée sur leurs territoires pour les Palestiniens de Syrie, « laissant des milliers d’entre eux (…) face à de grands dangers ».

“Aucun réfugié fuyant la violence en Syrie — Syriens comme Palestiniens — ne devrait se voir refuser l’entrée ou être contraint au retour contre sa volonté », a plaidé HRW.

L’ONG a exhorté la Jordanie à revenir sur son interdiction d’entrée pour les Palestiniens et à mettre un terme aux expulsions, soulignant que les autorités jordaniennes séparent souvent les hommes de leurs familles, « laissant dans certains cas des familles sans leur source première de revenus ».

« Les expulsions violent l’obligation internationale de non-refoulement, d’interdiction prévue dans la législation internationale d’un retour des réfugiés et demandeurs d’asile dans des endroits où leur vie ou leur liberté serait menacée, ou le retour de quiconque risquant d’être torturé », a-t-elle ajouté.