« C’est un manque qui touche même la communauté juive de France, pas seulement la France, » explique Jean-David Attal, à la tête d’un groupe d’étudiants de Taglit baptisé « Start-Up generation ».

Depuis 16 ans maintenant, la Fondation Birthright Israël (Taglit) offre des visites guidées du pays aux jeunes du monde entier. L’objectif est de renforcer l’identité juive et la connexion à Israël des participants. Des dizaines de milliers de jeunes âgés de 18 à 26 ans s’inscrivent chaque année pour visiter les principaux sites avec un groupe de pairs.

Ce manque c’est, selon lui, celui de l’esprit d’innovation, celui de l’entrepreneuriat, cette crainte qui, « lorsqu’un proche annonce qu’il va quitter son poste en entreprise pour « se lancer », nous pousse à lui faire reconsidérer son choix ».

Non, ce jeune entrepreneur de 32 ans originaire de Courbevoie n’est pas un fervent partisan du carriérisme en vogue dans la plupart des écoles de commerce françaises. Il a donc monté ce projet de voyage, en forme de club de buisness, pour insuffler cet esprit entrepreneurial apparemment tellement en vogue en Israël : Iota Beta Lambda, trois lettres grecques pour Innovative Buisness Leadership.

« Je me suis inspiré de quelques expériences de mon parcours de vie, explique-t-il. J’ai créé ce club de business un peu sur le mode des fraternités étudiantes que j’ai connues aux Etats-Unis ». L’idée étant ainsi de créer une certaine dynamique, une certaine chaleur dans le groupe.

Il a voulu montrer à ces étudiants qu’il « ne faut pas avoir peur de l’échec. On nous répète qu’en cas d’échec c’est l’exclusion sociale, qu’il vaut mieux faire carrière. Ici, j’ai fait rencontrer au groupe des gens à la tête de grandes start-ups qui leur ont parlé de leurs 2, 3, ou 4 échecs avant de connaître le succès. L’échec est un apprentissage, pour réussir il faut échouer ».

Le groupe a pu constaté, continue Jean-David qu’ici, « quand on monte un projet, il y a un encouragement. Les gens disent : ‘vas-y essaye !' ».

Finance Minister Yuval Steinitz attends a committee meeting in the Israeli parliament. August, 2012. (photo credit: Miriam Alster/FLASH90)

Yuval Steinitz en août 2012. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Ils ont ainsi pu visiter de « grosses sociétés qui ont réussi », rencontrer Yuval Steinitz, ministre de l’Energie et de l’Eau, et les dirigeants de Checkpoint, un des leaders en cyber-sécurité. « Nous avons aussi visiter l’Institut Weizmann, deux incubateurs, dédiés aux technologies médicales ».

Clara Lagier, 21 ans, de l’EM-Lyon, dit avoir profité des rencontres au sein même du groupe : « Entre nous certains ont déjà monté des start-ups, ils ont pu se conseiller mutuellement, et éventuellement envisager de travailler ensemble ».

De son côté Noa Bauer, vice-présidente en charge du marketing de BirthRight, explique que son organisation a poussé un peu plus loin la volonté de transmettre le goût de l’entrepreneuriat à l’israélienne. En effet BirtthRight a créé un « centre entrepreneuriat et d’innovation, doté d’une exposition interactive dans toutes les langues » qui retrace l’histoire des innovations israéliennes anciennes et contemporaines et qui accueille jusqu’à huit groupes par jour.

Ce nouveau centre a été établi en collaboration avec la bourse de Tel Aviv et met en lumière les réalisations de la « nation start-up » en matière d’entreprenariat, d’innovation et de technologie dans des domaines tels que l’agriculture, la médecine, la cyber-sécurité et la science.

L’objectif de ce centre est de permettre la rencontre entre les participants de Taglit et les entrepreneurs israéliens pour promouvoir les avancées de l’Etat hébreu. Ainsi le contenu des interventions sera disponible dans différentes langues.