L’Egypte a reconnu mercredi l’existence sur son territoire d’une « mafia » de passeurs permettant à des migrants clandestins de se rendre en Europe, une semaine après le naufrage en Méditerranée d’une embarcation qui avait quitté ce pays avec 500 personnes à bord.

Partis d’Egypte, les migrants clandestins étaient en route pour l’Italie lorsque leur bateau a été volontairement embouti près de l’île de Malte par leurs passeurs égyptiens et palestiniens, parce qu’ils avaient refusé de monter dans une embarcation plus petite, ont raconté des survivants.

« Il existe une mafia de passeurs qui conduit en Italie des migrants clandestins », a indiqué à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Intérieur Hany Abdel Latif, interrogé sur la possibilité que des passeurs égyptiens soient responsables du naufrage.

Seules dix personnes ont survécu à ce naufrage, « le plus grave de ces dernières années » en Méditerranée, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Les migrants, originaires de Syrie, des territoires palestiniens, d’Egypte et du Soudan, étaient partis le 6 septembre de la ville égyptienne de Damiette, sur la côte méditerranéenne.

« Ces Syriens et Palestiniens entrent en Egypte avec des visas de touristes avant d’essayer de se rendre illégalement en Italie », a précisé M. Abdel Latif.

Les difficultés économiques et l’instabilité politique que connaît l’Egypte depuis la révolte de 2011 qui a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak poussent également de nombreux Egyptiens à se rendre de manière illégale en Europe dans l’espoir d’une vie meilleure.