La Ligue arabe a dénoncé mercredi le « mépris » d’Israël pour la communauté internationale au lendemain de l’annonce de la construction de nouveaux logements dans des implantations de Cisjordanie.

Israël a annoncé mardi la construction de 2 500 logements en Cisjordanie, la plus importante annonce du genre depuis des années, deux jours après un feu vert donné pour la construction de 566 logements à Jérusalem Est.

Cette annonce « confirme l’approche du gouvernement israélien, pleine de mépris et de défi pour la volonté de la [communauté] internationale, » assène dans un communiqué le secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit. Il accuse l’Etat Hébreu de « faire échouer tous les efforts déployés pour concrétiser la solution à deux états ».

Les implantations civiles israéliennes en Cisjordanie sont considérées comme illégales par la majorité de la communauté internationale.

On the outside looking in at home, the West Bank city of Ariel (photo: Yossi Zamir/Flash 90)

L’implantation d’Ariel, en Cisjordanie. Illustration. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

« Avec certains développements récents sur la scène internationale, le gouvernement de la colonisation en Israël s’est peut-être senti renforcé », souligne l’organisation panarabe basée au Caire.

Les annonces israéliennes reflètent la volonté affichée par l’Etat juif de profiter de la nouvelle donne créée par l’élection de Donald Trump, après les huit années de Barack Obama à la Maison Blanche, opposé aux implantations.

L’administration Trump a pour l’instant gardé le silence sur les nouveaux projets israéliens.

Le ministère égyptien des Affaires étrangères avait critiqué mardi soir l’annonce de nouveaux logements à Jérusalem Est.

« La poursuite de la colonisation israélienne et son accélération […] minent les efforts pour une reprise du processus de paix », selon lui.

L’UE et JStreet condamne les constructions dans les implantations; la Maison Blanche élude la question

L’Union européenne (UE) a condamné mardi l’annonce de la construction de 2 500 nouveaux logements dans les implantations de Cisjordanie.

« Il est regrettable qu’Israël poursuive cette politique, malgré les préoccupations et les objections internationales graves et constantes, qui ont sans cesse été soulevées, à tous les niveaux », a déclaré l’UE dans un communiqué.

« Une solution à deux états négociée est le seul moyen de répondre aux aspirations légitimes des deux parties et de conclure une paix durable », selon le communiqué, qui citait la récente résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies sur le sujet.

L’association juive libérale américaine JStreet a également condamné cette annonce, affirmant qu’Israël semblait avoir carte blanche du nouveau gouvernement américain.

« L’approbation aujourd’hui [mardi] de la construction de 2 500 nouveaux logements en Cisjordanie par le gouvernement israélien est extrêmement dangereuse, et donne l’impression qu’il a à présent carte blanche du nouveau président américain pour une extension illimitée des colonies », a déclaré JStreet.­

Sean Spicer, le porte-parole de la Maison Blanche, a pour sa part refusé mardi de condamner ou de soutenir cette annonce.

Interrogé pendant un point presse sur l’annonce israélienne, Spicer a répondu qu’ « Israël continue à être un allié important des Etats-Unis ; il veut se rapprocher d’Israël, pour garantir qu’il obtient tout le respect qu’il mérite au Moyen Orient. »

« Nous aurons une réunion avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, et nous continuerons à discuter de cela. »

Interrogé à nouveau pour savoir si le président américain Donald Trump « soutient l’extension des implantations », Spicer a répondu que, « comme je l’ai dit, nous aurons une conversation avec le Premier ministre. »

« Les autorités israéliennes ont approuvé hier des projets pour la construction de plus de 2 500 logements dans les colonies de Cisjordanie. Cette décision s’ajoute à l’octroi, le 22 janvier, de permis de construire pour 566 logements à Jérusalem-Est. Cela représente donc en quelques jours presque autant de logements dans les colonies que tous ceux qui ont fait l’objet d’annonces en 2016. Nous condamnons ces nouveaux développements, qui sont contraires au droit international et constituent un signal très préoccupant. La résolution 2334 du conseil de sécurité des Nations unies du 23 décembre 2016 a rappelé l’illégalité de la colonisation en droit international et demandé son arrêt immédiat et complet, » a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay, mercredi.

Eric Cortellessa a contribué à cet article.