Toutes les hypothèses, y compris celle de l’acte criminel, sont possibles pour expliquer le mystérieux incendie qui a endommagé dans la nuit de mardi à mercredi le Centre culturel français de Gaza, ont indiqué plusieurs sources.

Ces sources envisagent avec réserve les propos du porte-parole du ministère de l’Intérieur de Gaza, Iyad al Bozum, parlant d’un évènement accidentel. Le feu aurait pris par la faute de « jerricanes d’essence défectueux », a-t-il affirmé, et une enquête a été ouverte.

Les témoignages faisant état de deux fortes explosions ainsi que différents éléments invitent à n’exclure aucune hypothèse, ont dit des sources proches du dossier, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat en raison de la grande sensibilité du sujet.

Un feu a éclaté peu avant minuit dans l’enceinte où se trouve le bâtiment abritant le centre culturel français ainsi que l’antenne consulaire française. Le sinistre a pris auprès d’une cuve de combustible servant à alimenter l’un des générateurs électriques le long du mur de la bâtisse.

Le feu a causé des dégâts matériels, y compris à l’intérieur, par propagation à travers les conduits. Mais il n’a pas fait de victime. Le centre était alors fermé et vide à l’occasion de l’Aïd al-Adha, l’une des grandes fêtes musulmanes.

Les anciens locaux du Centre culturel français ont été visés par le passé par des engins incendiaires.

Le contexte particulier de Gaza et l’hostilité entre Palestiniens et Israéliens poussent toutes les organisations internationales à la plus grande vigilance dans le territoire.

Les missions diplomatiques et bâtiments officiels français ont en outre été placés en alerte spéciale depuis qu’ont débuté les enlèvements et exécutions d’étrangers par les djihadistes de l’Etat islamique (EI) et leurs alliés, dont le Français Hervé Gourdel en Algérie.

Notons aussi l’avertissement spécialement adressé par le groupe terroriste de l’Etat islamique lors de son appel à tuer les citoyens de la coalition anti-djihadiste, aux « mauvais et aux sales français », qui avait suscité l’indignation des Musulmans de France.

Charles Enderlin, le correspondant de France 2 indique aussi sur son compte Twitter que la sécurité du groupe terroriste du Hamas a saisi du matériel qui avait servi à enregistrer l’incendie.

Mais, avant même les évènements récents, les Français savaient être forcés à la prudence avec le maintien de leur présence dans un territoire en butte à trois guerres en six ans, et avec la présence d’une institution aussi importante que le Centre culturel.

Le Centre culturel français et l’antenne consulaire sont dirigés respectivement par un Français et un Franco-Palestinien. Le Centre, ouvert dans les années 1990 a emménagé dans de nouveaux murs fin 2013, et emploie une douzaine d’agents locaux permanents et une dizaine de vacataires.

Il y a une quarantaine de Français ou Franco-Palestiniens dans la Bande de Gaza.

Incendie au centre culturel français de Gaza (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Incendie au centre culturel français de Gaza (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)