Une stèle à la mémoire d’Ilan Halimi, un jeune juif martyrisé par un gang crapuleux en 2006 à Bagneux, près de Paris, a été retrouvée vandalisée dimanche, soulevant l’indignation de la classe politique.

 

La plaque a été retrouvée brisée, très vraisemblablement après un acte de vandalisme, selon le parquet de Nanterre.

 

La stèle portant l’inscription « Ilan Halimi, victime de la barbarie, de l’antisémitisme et du racisme » avait été érigée en 2011 dans un parc de Bagneux, la ville de banlieue où le jeune juif avait été séquestré et torturé par le « gang des barbares » qui réclamait une rançon à sa famille, persuadé que des juifs avaient nécessairement de l’argent.

 

Le jeune homme âgé de 23 ans avait été retrouvé agonisant le 13 février 2001, 23 jours après son enlèvement, et était décédé lors de son transfert à l’hôpital. Le chef du gang des barbares Youssouf Fofana a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

 

La maire communiste de Bagneux Marie-Hélène , avertie de la dégradation, a dénoncé dimanche « un acte scandaleux et inacceptable », assurant que la plaque « sera changée dès que possible lundi ».

 

« Quelles que soient les causes de cette dégradation, (…) elle constitue un choc pour la famille et les proches d’Ilan Halimi », a souligné dans un communiqué le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, en souhaitant que « l’enquête permette rapidement que toute la lumière soit faite ».

 

Sur Twitter, où le hashtag #IlanHalimi était l’un des plus partagés dimanche, l’ancien président de droite Nicolas Sarkozy a exprimé sa « consternation ».

 

« C’est répugnant, il y a dans notre pays un antisémitisme qui est assez vigoureux », a réagi le président de l’Institut du Monde arabe et ancien ministre socialiste Jack Lang.

 

Ilan Halimi est enterré en Israël.

Sa mère Ruth Halimi pensait qu' »au moins là-bas son fils pourrait reposer en paix. Malheureusement les craintes qu’elle avait étaient justifiées », a regretté dimanche sur BFM TV Francis Szpiner, l’avocat de la famille.

 

La France a été ces dernières années le théâtre d’actes antisémites, parmi lesquels l’attaque d’un magasin casher qui a fait quatre morts le 9  janvier, deux jours après l’attaque de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo (12 morts).