Les gardiens postés à l’entrée du complexe du mur Occidental à Jérusalem ont « fouillé au corps » mercredi quatre femmes étudiantes dans une école rabbinique en amont du service de prière mensuel organisé par l’association des Femmes du mur sur le lieu saint, ont annoncé des associations libérales juives.

Le centre d’action religieuse israélien (IRAC), qui est le bras juridique du mouvement réformé en Israël, a indiqué que les quatre femmes, étudiantes au Hebrew Union College, ont été retenues puis interrogées par les gardiens avant de devoir soulever leurs chemises et leurs jupes.

Le directeur de l’IRAC a déclaré que ces fouilles étaient une « nouvelle bassesse » du rabbinat du mur Occidental, qui est fortement opposé à l’association des Femmes du mur.

« C’est une nouvelle bassesse de la part du rabbin du Kotel qui tente d’intimider, d’humilier, et d’exclure les femmes libérales qui s’efforcent de prier au mur Occidental. Malgré les événements survenus aujourd’hui, ces quatre responsables juives courageuses continueront à aimer Israël, le mur et la justice », a déclaré le rabbin Noa Sattath dans un communiqué, utilisant le mot hébreu qui désigne le mur Occidental.

« Aujourd’hui, nous soumettons officiellement une plainte au procureur général et au bureau du Premier ministre pour leur demander d’agir, pour s’attaquer à ce qu’il s’est passé ce matin », a-t-elle ajouté.

« Ces fouilles vont à l’encontre de la décision prise par le magistrat [de la cour suprême Elyakim] Rubinstein qui a établi que les fouilles au corps sur les membres de l’association des Femmes du mur sont illégales sans menace grave à la sécurité. Quelques unes de ces étudiantes, qui visitaient le Kotel pour la première fois, ont été choquées par cet incident et par l’expérience difficile qui leur a été imposée », a fait savoir le groupe dans un communiqué.

Les médias religieux ont annoncé que les femmes portaient sur elles des rouleaux de Torah dissimulés, ce que le rabbin du mur Occidental Shmuel Rabinovitch a qualifié de « profanation ».

« Aujourd’hui, au premier jour du mois juif d’Elul, toutes les lignes rouges ont été franchies. Ces femmes ont fait entrer clandestinement des rouleaux de Torah enroulés autour de leur corps, elles ont caché des sifflets dans leurs parties intimes, et pour quoi ? Pour le ‘caractère sacré’ de la guerre civile au mur Occidental », a-t-il déclaré.

Durant le service de prière, les femmes ont lu des textes sur un rouleau de Torah puis ont fait résonner 15 shoffars, des activités auxquelles s’opposent avec véhémence les Juifs ultra-orthodoxes, qui affirment que seuls les hommes sont en droit de s’y livrer.

« Nous avons fait résonner le shoffar aujourd’hui pour démolir les murs de l’apathie, de l’exclusion, du silence imposé et de la discrimination… Nous attendons de la Cour suprême, qui a prouvé qu’elle était ‘l’adulte responsable’ de l’Etat, qu’elle apporte une solution juste à notre demande fondamentale d’égalité des droits en faveur des femmes au mur », a expliqué Anat Hoffman, présidente des Femmes du mur.