Le Centre Simon-Wiesenthal a condamné mardi l’inauguration récente d’une plaque commémorative frappée d’un slogan pronazi près du camp de Jasenovac, « l’Auschwitz croate ».

« Za Dom Spremni » (« Prêts pour la patrie ») était le slogan de l’Etat croate pronazi durant la Seconde Guerre mondiale. Il figure aussi sur une plaque déposée en novembre à Jasenovac par des vétérans d’une formation paramilitaire (HOS) à la mémoire de onze des leurs tués pendant le conflit d’indépendance de la Croatie (1991-95).

« Il est difficile de croire qu’un tel slogan incendiaire puisse être publiquement affiché dans un pays membre de l’Union européenne », s’est indigné Efraim Zuroff, responsable du Centre Simon Wiesenthal.

« De tels slogans (…) font partie d’une tentative de déformer l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et de l’Holocauste et de transformer les coupables en héros », a dénoncé dans un communiqué Efraim Zuroff.

Les représentants de la minorité serbe en Croatie, les organisations antifascistes et l’opposition ont également demandé le retrait de cette plaque.

Efraim Zuroff à Helsinki en 2012 (Crédit : Petri Krohn/Wikimedia commons/CC BY  3.0)

Efraim Zuroff à Helsinki en 2012 (Crédit : Petri Krohn/Wikimedia commons/CC BY 3.0)

Le Premier ministre Andrej Plenkovic a jugé « évidemment délicat qu’un tel monument ait été posé à jasenovac ». Mais il a aussi relevé la difficulté juridique à faire enlever la plaque: le slogan « Za Dom Spremni » figure sur l’emblème du HOS qui a été déposé dans les règles. Selon lui, « le cadre légal n’est pas adéquat ».

Le régime pronazi oustachi d’Ante Pavelic est responsable de la persécution et de la mort de centaines de milliers de personnes, serbes, juifs, roms et opposants antifascistes.

Le camp de Jasenovac, à 100 km au sud-est de Zagreb, est un symbole de ces crimes. Le nombre exact des victimes qui y sont mortes reste sujet de controverses.

Le musée du Mémorial de l’Holocauste à Washington évalue à 100.000 le nombre des victimes, serbes pour la plupart, les estimations des historiens locaux allant de 82.000 morts, selon le musée de Jasenovac, à 700.000, selon les sources serbes.

Depuis plusieurs mois, la Croatie est la cible de critiques sur sa complaisance supposée face au renouveau des thèses révisionnistes.