Le Français Serge Atlaoui, condamné à mort pour trafic de drogue en Indonésie, a épuisé tous les recours juridiques pour éviter une exécution, a indiqué jeudi un porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères.

La cour administrative de Jakarta avait rejeté lundi un recours de Serge Atlaoui, 51 ans, qui contestait la décision du président indonésien ayant refusé sa demande de grâce, mais les avocats du Français avaient indiqué dans la foulée envisager d’autres procédures.

« Nous lui avons donné la possibilité d’exercer tous ses droits légaux », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Armanatha Nasir, interrogé par des journalistes lors d’une conférence de presse.

« La prochaine étape relève du parquet général », a-t-il ajouté.

Contactées par l’AFP, les avocates indonésiennes du Français n’étaient pas joignables dans l’immédiat.

Le parquet général d’Indonésie, qui gère les exécutions de condamnés à mort, avait laissé entendre lundi qu’aucune exécution n’était prévue dans l’immédiat dans le pays musulman le plus peuplé au monde. Son porte-parole Tony Spontana avait précisé qu’il ne serait « pas sage » de procéder à des exécutions pendant le ramadan, le mois du jeûne musulman qui s’achèvera à la mi-juillet.

Le président français, François Hollande, avait répété que Paris poursuivait ses efforts pour éviter l’exécution de son ressortissant.

Il était initialement prévu que Serge Atlaoui soit exécuté le 29 avril pour trafic de drogue avec huit autres condamnés à mort – deux Australiens, un Brésilien, quatre Africains et un Indonésien -, dans le cadre d’affaires distinctes, mais son nom avait été retiré de la liste au dernier moment.

Ces exécutions avaient provoqué de vives protestations internationales. Depuis, la question de nouvelles exécutions n’a quasiment plus été abordée, le parquet général se montrant prudent dans ses déclarations et apparemment moins pressé à faire fusiller de nouveaux condamnés.

Incarcéré depuis dix ans dans ce pays d’Asie du Sud-Est, Serge Atlaoui, soudeur de profession, affirme qu’il n’a fait qu’installer des machines industrielles dans ce qu’il croyait être une usine d’acrylique, et qui abritait en réalité un laboratoire clandestin d’ecstasy.