Le gouvernement de Barack Obama va bientôt présenter un accord-cadre qui servira de base pour un accord final entre Israéliens et Palestiniens avant la fin de l’année 2014. Ce dernier leur permettra d’émettre quelques réserves avant de conclure les pourparlers.

D’après Martin Indyk, émissaire du département d’Etat américain dans les négociations israélo-palestiniennes, 75 à 80% des colons resteront sous administration israélienne, dans le cadre d’un échange de territoires. Il a ajouté que le président de l’Autorité palestinienne n’avait pas l’air contre l’idée que ces derniers deviennent des citoyens palestiniens dans le futur Etat de Palestine.

Martin Indyk a annoncé que l’accord-cadre serait présenté d’ici quelques semaines et qu’il n’y aurait « aucune surprise » pour les dirigeants israéliens et palestiniens. En effet, Martin Inkyk et le secrétaire d’Etat américain John Kerry ont travaillé en étroite collaboration avec les deux parties avant de rédiger ce document.

Cet accord-cadre devra être validé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, avec la possibilité d’émettre des réserves. Il constituera la base de futures négociations.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le secrétaire d'Etat américain John Kerry, à une conférence de presse à Jérusalem, le 15 septembre 2013 (Crédit: Emil Salman/Pool/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le secrétaire d’Etat américain John Kerry, à une conférence de presse à Jérusalem, le 15 septembre 2013 (Crédit: Emil Salman/Pool/Flash90)

D’après Martin Indyk, le fait que l’accord-cadre soit rédigé par des Américains permet aux dirigeants politiques de prendre du recul par rapport aux dossiers les plus sensibles. « Il y a des choses que nous avons besoin de dire nous-mêmes, car ils sont dans l’impossibilité de les dire pour l’instant », a-t-il dit.

Globalement, ce premier accord adressera cinq questions clés : la reconnaissance mutuelle des deux Etats; la sécurité, les échanges de territoires et la définition des frontières; le statut de Jérusalem; la question des réfugiés, et la fin du conflit. Jusqu’à présent, le département d’Etat a refusé tout commentaire sur l’accord-cadre.

Sur certains dossiers sensibles, tels que le statut de Jérusalem, l’accord-cadre reste flou. Martin Indyk a indiqué qu’il entrera davantage dans les détails pour d’autres dossiers, qui ont interpellé les dirigeants israéliens et palestiniens.

Parmi eux, la mise en place d’un dispositif sécuritaire à la frontière avec la Jordanie et la Cisjordanie. Martin Indyk a précisé qu’une nouvelle zone de sécurité sera créée, avec de nouvelles clôtures, des capteurs et des drones.

Par ailleurs, il a souligné que l’accord-cadre prévoyait des compensations financières pour les réfugiés palestiniens et les juifs originaires des pays arabes – une demande formulée depuis longtemps par certains groupes pro-israéliens, mais qui n’a pas encore été inclus dans le document.

L’accord définira Israël comme l’Etat-nation du peuple juif et la Palestine comme l’Etat-nation du peuple palestinien. Ce phrasé est un clin d’œil au Premier ministre israélien, qui a insisté pour que l’Autorité palestinienne reconnaisse formellement Israël comme un Etat juif.

Il sera aussi question de mettre en place, dans les écoles palestinienne, des programmes éducatifs en faveur de la paix.
Martin Indyk a également annoncé qu’un tel accord allait nécessiter un investissement financier majeur des Etats-Unis, particulièrement pour l’installation du dispositif sécuritaire à la frontière jordanienne et en Cisjordanie, le redéploiement des troupes israéliennes et les indemnités versées aux réfugiés palestiniens et juifs du monde arabo-musulman.

Néanmoins, Martin Indyk a réagi durement aux propos du ministre de la Défense Moshe Yaalon, en total désaccord avec le dispositif sécuritaire prévu par l’accord. L’émissaire du département d’Etat américain a répondu que cette réaction était « profondément insultante », et ce particulièrement pour le Général américain John Allen, qui travaille sur ce dispositif depuis des mois.

Martin Indyk s’est aussi engagé à rendre public le contenu de l’accord-cadre, afin de faire réagir l’opinion. Il a espoir qu’un tel débat montrerait aux dirigeants politiques qu’une majorité d’Israéliens et de Palestiniens soutiennent le processus de paix. En cas d’une opinion publique défavorable, Martin Indyk a reconnu que la signature d’un accord serait peu probable.