JERUSALEM, (AFP) – Une des figures de proue de la gauche israélienne, Shoulamit Aloni, décédée vendredi à l’âge de 85 ans, a été inhumée dimanche à Kfar Shmariyahou, au nord de Tel-Aviv, en présence de nombreuses personnalités, dont le président Shimon Peres.

Militante des droits civiques et défenseur des minorités, Shoulamit Aloni a été députée pendant plus de 25 ans et ministre de l’Education dans le gouvernement d’Yitzhak Rabin (1992-93).

Née en 1928 à Tel-Aviv, elle avait combattu dans les rangs du Palmah, une unité paramilitaire sioniste avant la création de l’Etat d’Israël en 1948.

Journaliste et militante de gauche, elle avait été élue en 1965 à la Knesset au sein du parti Mapaï, la formation politique du fondateur de l’Etat d’Israël David Ben Gourion.

Elle avait fondé dans les années 1970 un parti pour la défense des droits civique, Ratz, qui deviendra le parti Meretz. Il détient six sièges dans l’actuelle Knesset.

Retirée de la vie politique depuis 1996, Shoulamit Aloni avait reçu en 2000 le Prix d’Israël, le prix le plus prestigieux du pays, pour sa contribution à la société.

Controversée au sein de la classe politique israélienne, Shoulamit Aloni avait fait scandale à plusieurs reprises en comparant la politique israélienne dans les Territoires palestiniens à « l’apartheid » et en qualifiant en 1999 Benjamin Netanyahu « d’excellent élève de (Joseph) Goebbels », le ministre de l’Information et de la Propagande du régime nazi.

Luttant contre la coercition religieuse, elle avait été la cible de campagnes haineuses de la part du monde ultra-orthodoxe.

« Malgré les divergences idéologiques profondes entre nous, j’appréciais sa contribution à la société israélienne et sa détermination à se battre pour ce en quoi elle croyait », a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un communiqué.

Elle laisse trois fils, dont le cinéaste Oudi Aloni, auteur du film Mehilot, qui avait été retiré de la liste des films du 7ème Festival du Film israélien de Paris en 2007.