Les nouveaux députés irakiens ont échoué mardi à élire leur chef lors de la première séance du Parlement émaillée de menaces et d’invectives, retardant le processus censé aboutir à un gouvernement capable de faire face à l’offensive djihadiste.

Une nouvelle séance est prévue le 8 juillet, « si l’on parvient à aboutir à un accord » sur le choix d’un chef de Parlement, a déclaré le député Mehdi al-Hafez, qui présidait la séance en tant que doyen de l’assemblée.

Les députés élus le 30 avril étaient convoqués pour élire, conformément à la Constitution, un chef du Parlement. Ils doivent ensuite choisir dans les semaines qui suivent un président de la République à qui il revient de désigner un Premier ministre -le poste le plus important des institutions irakiennes.

Le sortant, Nouri al-Maliki, qui brigue un 3e mandat, était présent. Au total, 255 des 328 députés ont participé à la session.

Rapidement après l’ouverture de séance, des frictions ont éclaté: la parlementaire kurde Najiba Najib a d’abord pris la parole pour demander au gouvernement de mettre fin au blocage » et de transférer les fonds dus à la région autonome du Kurdistan.

Ce à quoi Kazem al-Sayadi, un député du bloc de M. Maliki, a riposté: « Massoud Barzani (le président de la région autonome kurde) est un traître et un agent. Vous exportez le pétrole en Israël et vous mettez en berne le drapeau national. Nous allons écraser vos têtes et nous allons vous montrer ce que nous ferons une fois la crise finie ».

En outre, plusieurs députés sunnites ont quitté la salle lorsque le nom de l’Etat islamique, le groupe jihadiste menant les insurgés sunnites, a été mentionné.

Après la suspension de séance qui a suivi ces échanges, un certain nombre de députés ne sont pas revenus, provoquant un débat sur l’opportunité de poursuivre ou non les travaux.
La séance a finalement été levée.

Ce chaos au Parlement survient alors que la formation d’un gouvernement se fait plus pressante au fur et à mesure de l’avancée de l’offensive des djihadistes sunnites qui se sont emparés de vastes territoires d’Irak, desquels l’armée ne parvient pas à les chasser.

Longtemps donné favori, M. Maliki semble être dans une position plus délicate aujourd’hui, l’offensive djihadiste et les accusations de sectarisme à son encontre réduisant petit à petit ses chances de se voir confier un nouveau mandat.

Des candidats potentiels commencent en outre à émerger, et les noms de personnalités connues des Irakiens comme l’ancien vice-président Adel Abdel Mehdi, l’ex-Premier ministre Ibrahim al-Jafaari ou encore l’ancien vice-Premier ministre Ahmed Chalabi, circulent.

Mais quoiqu’il en soit, ont prévenu des parlementaires interrogés par l’AFP, le processus sera long.

Si les députés parviennent à élire leur président la semaine prochaine, ils auront ensuite de nouveau 30 jours pour désigner un président de la République. Ce dernier aura ensuite encore 15 jours pour désigner un Premier ministre, qui aura à son tour 30 jours pour former un gouvernement.